Le dindon de la farce

Publié le 17 décembre 2016 (rédigé le 1er décembre 2016) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Côté français, la dernière farce électorale gabonaise est une affaire pliée : « Les candidats ont considéré qu’il fallait que ça soit le Conseil constitutionnel, la Cour suprême qui proclame les résultats », a déclaré sans rire le Premier ministre français (RFI, 30/10).

Côté gabonais, Jean Ping, n’en revient toujours pas de ce retournement de veste : « Les partenaires étrangers nous ont (...) posé un certain nombre d’exigences : stopper la rue et faire marcher les institutions. On leur a dit qu’on sait que, depuis 50 ans, les institutions gabonaises sont biaisées. Mais ils nous ont promis de faire pression sur elles. » (Le Monde,09/11) Et puis… rien. Faire davantage confiance à ses créanciers qu’à sa population, quelle erreur !

« Le Gabon a un président. Et le seul souhait que nous pouvons émettre, c’est qu’il y ait un dialogue, une réconciliation », a encore tranché Valls (Rfi, 01/11) Et la diplomatie française d’appeler à de gentilles élections législatives. Ping est d’autant plus amer qu’il avait donné des gages de docilité, comme il l’avoue ingénument : « Avant l’élection, je suis venu régulièrement pour dire aux pays occidentaux que je serai un interlocuteur meilleur que l’autre ». Voilà où ça mène : « Nous avons l’impression d’avoir été roulés dans la farine par certains qui, aujourd’hui, s’en lavent les mains. (…) Les Gabonais sont très, très, très déçus par la France. Moi, pour ce qui me concerne, je ne m’attendais pas à voir ce gouvernement-là faire des choses extraordinaires. Nous comptions davantage sur l’Union européenne et nous pensions que la France allait se cacher derrière elle. C’est beaucoup plus sage lorsque vous ne voulez pas prendre de décision ouvertement. Mais là, les Français ont torpillé la position de l’Union européenne. »

Et ça l’étonne encore ?

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 263 - décembre 2016. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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