Silence d’État

17 décembre 2016
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Hollande l’avait promis aux familles des victimes : rien ne serait caché et elles seraient informées « minutes par minutes ». Trois ans après l’assassinat des journalistes de RFI au nord du Mali, l’enquête se traîne et la déclassification des documents militaires reste « extrêmement partielle » selon l’association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, qui estime que « l’Etat sait qui les a tués mais ne veut pas le dire » (RFI, 02/11). L’otage Serge Lazarevic, libéré en décembre 2014, était « sans doute détenu par ceux qui ont tué les journalistes », avait confié Hollande aux journalistes du Monde (Un président ne devrait pas dire ça, éd. Stock), mais les autorités françaises nient publiquement tout rapprochement entre le drame et les négociations pour la libération des otages d’Arlit, survenue quatre jours avant les assassinats. L’association déplore aussi la disparition progressive des suspects, certains « neutralisés  » par l’armée française selon des sources militaires. Même le député socialiste Philippe Baumel, membre de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale s’en inquiète : « Plus le temps passe, plus on est fondé à penser que ceux qui ont été neutralisés l’ont été aussi peut-être parce qu’il y avait des choses qu’on ne voulait pas leur laisser dire dans cette affaire. »

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