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Loïk Le Floch-Prigent, Affaire Elf, affaire d’État

Entretiens avec Éric Decouty, Le cherche midi, 2001, 255 p

Publié le 3 novembre 2001 par François-Xavier Verschave

Même si ce livre est un plaidoyer pro domo, même si nous sommes en total désaccord avec l’idéologie national-prédatrice que prône l’ex-PDG d’Elf, ses propos d’homme blessé par un traitement judiciaire inégalitaire (d’autres plus coupables demeurent protégés) sont une contribution importante à l’élucidation du « système Elf ». Donc de la Françafrique. Nous extrayons de son livre quelques-uns des passages les plus significatifs, avec ici ou là nos soulignements (en gras) ou nos commentaires (en italiques).

  • p. 22. « Je suis responsable d’avoir fait fonctionner Elf de la même manière que mes prédécesseurs et mes successeurs ». « En avril 1995, [mon successeur] Philippe Jaffré et son adjointe, Geneviève Gomez, orientent les juges directement sur moi ».
  • p. 25. « Plusieurs ministres m’avaient demandé de ne pas répondre à la convocation [de la juge Joly le 4 juillet 1996] [...], Bernard Pons, le ministre des Transports et Jacques Toubon, le garde des Sceaux. Et même Jacques Chirac, le président de la République ». (Lequel, comme de coutume, tente de faire obstruction à la justice.)
  • p. 26. E. Decouty : « Lorsqu’en décembre 1995 vous avez été nommé PDG de la SNCF, « ni vous, ni le président de la République, ni les autres ministres n’ignoraient que l’enquête initiale des juges risquait de mettre à jour le système Elf. Et que par conséquent le danger était extrêmement grand pour nombre de personnes qui en avaient profité... ». _Loïk Le Floch-Prigent (LLFP) : « Bien sûr. [...] [J’ai abordé le fond du dossier Elf avec le président de la République,] mais aussi avec le Premier ministre Alain Juppé, Bernard Pons, Jacques Toubon, Nicolas Sarkozy [...] et plusieurs anciens ministres ou hauts magistrats comme Pierre Drai (premier président de la Cour de cassation) et Myriam Ezratty (premier président de la Cour d’appel) ». (Un mélange détonant entre l’exécutif, le judiciaire et le pétrolier.) « Jacques Chirac m’a répondu : “Ça n’ira pas jusqu’à la mairie de Paris...”. Je dois avouer que sur le moment je n’ai pas compris à quoi il faisait allusion ».
  • p. 29. « En 1993, mon successeur à la tête d’Elf, Philippe Jaffré, [...] arrive pour aider la candidature aux élections présidentielles d’Édouard Balladur, et c’est même le directeur de la communication d’Elf qui deviendra son directeur de campagne. Au passage, il s’agit également de couper un certain nombre de vivres à Jacques Chirac  ». (Décidément boulimique). _« J’ai constaté que le juge [Éva Joly] avait un respect fondamental des corps constitués. Il a une sincère admiration pour les inspecteurs des finances, les ingénieurs des Mines, les X, etc. »
  • p. 30. Le procureur m’a dépeint en « arriviste et escroc à la petite semaine puisque je ne suis ni polytechnicien ni énarque ! ». _« Prenons l’exemple d’André Tarallo [énarque]. À un moment, le dossier Elf se focalise sur lui, sur sa maison à Bonifacio, sur les six cents millions qu’il aurait sur ses comptes. Il est convoqué par la justice mais ressort libre, et toute l’enquête sur ce volet s’arrête. [...] M. Tarallo a-t-il rendu des services à l’État d’une telle importance qu’il est absolument impossible de le mettre en cause ? Certainement. [...] Je n’ai pas le souvenir qu’on ait perquisitionné l’appartement de M. André Tarallo, ni sa maison de Bonifacio. Pourquoi cet acharnement m’est-il réservé ? ».
  • p. 93. Le 4 avril 1997, Tarallo est entendu par la juge Joly. « On envisage alors son incarcération, mais il ressort libre à deux heures du matin. Son état de santé, peut-être... Ou le coup de fil qu’Éva Joly aurait reçu juste après avoir évoqué cette sombre hypothèse. [...] Ce que l’on me reproche n’est rien à côté de ce qui a été découvert sur les comptes d’André Tarallo. On se demandera toujours si Mme Joly a été appelée par un homme politique de très haut niveau, [...] forcément très important, [...] ou si elle a reçu des menaces. Que s’est-il passé ce soir-là ? Nous ne le saurons probablement jamais, et c’est dommage. Car si nous savions la véritable nature des protections dont a bénéficié ce jour-là André Tarallo, nous pourrions sans doute mieux comprendre certains aspects du dossier Elf ».
  • p. 93-94. S’agissant d’éventuelles menaces, « il y avait dans l’entourage d’André Tarallo des gens [...] cités dans d’autres dossiers judiciaires. [... Les frères Feliciaggi] avaient l’habitude de venir le voir à son bureau de la tour Elf. À l’évidence, les relations entre Tarallo et la Corse étaient complexes. À plusieurs reprises, j’ai voulu regarder le dossier Elf en Corse. Chaque fois [...], il me répondait : “Je vous le montrerai...”. Je ne l’ai jamais vu ».
  • p. 31. « Concernant la Fiba, la banque d’Elf, je déclare à un moment de l’enquête [en 1996] : “Je disposais d’argent liquide, et l’argent venait de la Fiba”. On aurait pu imaginer que le lendemain cette affirmation serait vérifiée auprès de la banque. Eh bien, non. Il n’y a eu une perquisition à la Fiba que quatre années plus tard et on a effectivement trouvé du liquide sans chercher [...] à savoir pourquoi ce liquide se trouvait là. Pour la justice, Le Floch-Prigent est un escroc, et la Fiba une entreprise modèle... ». _« Chaque fois que la justice s’approche de la révélation de ce que je qualifierai de « système d’État », elle recule et trouve un bouc émissaire ».
  • p. 32. « Lors du procès [de l’affaire Dumas], [...] les personnes qui avaient effectué les virements [de plusieurs dizaines de millions de FF] au bénéfice de Mme Christine Deviers-Joncour et de M. Gilbert Miara [...] n’avaient pas été interrogées. La société suisse chargée de réaliser ces virements, Rivunion, n’avait fait l’objet d’aucune investigation. [...] Tous les acteurs de cette affaire [...] le répétaient : “Ce dossier est lié à la vente des frégates de Thomson à Taiwan [...]”  », sur laquelle l’enquête n’a été ouverte à Paris qu’en juin 2001.
  • p. 95. « La brigade financière a eu un temps comme patron M. Pierre Martinez. Et aujourd’hui, M. Martinez occupe une fonction très importante dans le groupe Thomson. [...] J’aimerais savoir quelles sont ses relations actuelles avec les hommes qu’il a dirigés. [...] Comment ne pourrais-je pas être profondément convaincu que la lenteur du système judiciaire à enquêter sur certains dossiers concernant Thomson [...] soit due à l’influence de Pierre Martinez ? ».
  • p. 34. Alfred Sirven ? « Je sais qu’il est en liaison avec la DGSE ».
  • p. 34-35. « Je sais, concernant les opérations d’armement, que les commissions sont de l’ordre de 25 % à hauteur du marché, contre 2,5 % dans le pétrole, [...] dix fois plus importantes ».
  • p. 35-36. Sur « la vente d’autres frégates, cette fois à l’Arabie saoudite, le fameux contrat “Sawari II”, signé en 1994, en pleine cohabitation, [...] je sais ce que m’en ont dit les Saoudiens [...]. La rétrocommission qu’ils avaient dû verser leur avait paru faramineuse. On imagine dans la bouche d’un Saoudien ce que l’adjectif faramineux signifie. [...] Ils m’ont laissé entendre [que cela avait servi à financer une partie de la campagne de Balladur]. Mais [...] cela n’intéresse pas la justice ».
  • p. 42. Réélu en 1988, Mitterrand conseille à LLFP, dans l’attente de sa nomination à Elf : « Voyez des amis, voyez nos amis... ». Lesquels ? Bérégovoy, Lang, Attali, Fabius, Rousselet...
  • p. 43. « Le corps des Mines et le corps de l’Inspection des Finances ont essayé de m’éliminer [de la candidature à Elf]. [...] D’une certaine façon, [le Premier ministre] Michel Rocard était leur porte-parole ».
  • p. 44-45. « Mitterrand [...] n’ignorait rien du système des commissions. [...] Je lui pose la question : “Vous savez que ce système est incontrôlable ? Nous versons des commissions dont nous ne connaissons pas forcément la destination finale”. “Oui..., me répond-il, avec un sourire qui a l’air de dire ‘tu ne m’apprends rien’. [...] Faites fonctionner le système comme l’avait voulu le général de Gaulle” ».
  • p. 55. François Mitterrand à LLFP : «  Elf a servi au financement politique du parti gaulliste. Elle a même été créée pour ça  ».
  • p. 45. « Il y a plusieurs systèmes au sein d’Elf dont chacun sait qu’ils fonctionnent de façon autonome. Le système “Tarallo” avec l’Afrique, naturellement, mais également le système “Sanofi”, filiale [pharmaceutique] d’Elf, dont les dirigeants sont eux aussi très proches de Jacques Chirac et du RPR ». _« Je suis conscient d’avoir toujours été utilisé par Mitterrand [...]. C’était un grand manipulateur ».
  • p. 46. LLFP cite en exemple le rachat par Elf de la maison du docteur Raillard, « un ami intime de François Mitterrand ». À son insu.
  • p. 47. « Je l’ai appris [...] de la bouche même de François Mitterrand. [...] La maison avait bel et bien été rachetée pour vingt millions de francs, et servait à des rencontres discrètes sous les bons offices payants du docteur qui occupait les lieux [...] [et] touchait aussi un salaire chez Elf ».
    « C’était une opération immobilière très mal ficelée, montée dans la précipitation par mes collaborateurs sur l’ordre induit de François Mitterrand ».
  • p. 48. Cette « maison a été revendue une bouchée de pain, à une relation de chasse à courre de Mme [Geneviève] Gomez ». _« Je conserve une profonde affection et admiration pour » François Mitterrand. (Il y a un certain masochisme à aimer les manipulateurs.)
  • p. 53. «  Le problème du général de Gaulle était tout d’abord d’assurer l’indépendance énergétique de la France. Pour cela, il crée une grande société pétrolière qu’il confie au corps des Mines et à son plus éminent représentant, Pierre Guillaumat. Les hommes qui vont diriger Elf sont non seulement des ingénieurs, des spécialistes des questions pétrolières ou nucléaires mais également des gaullistes fidèles  ».
  • p. 54. « De Gaulle veut une société complètement contrôlée par l’État, qui soit son bras séculier dans le pétrole, et pour affirmer sa politique africaine. Elf n’est pas seulement une société pétrolière, c’est une diplomatie parallèle destinée à garder le contrôle sur un certain nombre d’États africains, [...] un prolongement de l’État, afin que la politique africaine soit bien conforme aux intérêts du pays. Disons que le président d’Elf est à la fois président d’une société pétrolière et ministre de la Coopération ». _C’est pourquoi Elf « a de tout temps financé les services secrets. [...] Parallèlement à l’exploration et à l’exploitation du pétrole, un certain nombre d’opérations opaques étaient organisées afin de préserver une stabilité politique dans certains pays. [...] Le système a été créé pour permettre cette opacité ». _« L’activité industrielle classique s’accompagne nécessairement de mécanismes qui permettent le financement d’opérations “opaques” ». (p. 55). _(Un « ministère de la Coopération » privilégiant l’opacité, le contrôle des ex-colonies et les intérêts de l’ex-colonisateur : le ton est donné. Du coup, « la stabilité politique » de certains pays se résume à la perpétuation de leur asservissement.)
  • p. 55. Les commissions ? « Leur existence et leur montant sont connus des plus hauts représentants de l’État : le président de la République, le secrétaire général de la présidence de la République, le ministre des Finances, mais aussi certains hauts fonctionnaires. Je ne conteste pas [...] que [...] ce système puisse conduire à toutes sortes de dérives  ».
  • p. 55-56. « Elf dépensait chaque année plusieurs centaines de millions dans ce que l’on appelle des opérations de “préreconnaissance”, qui permettaient d’obtenir des permis de forage dans des pays où la société n’était pas encore impliquée. Ces opérations étaient accompagnées de “préfinancements” aux États, par l’achat de leur pétrole futur avec de l’argent qui circulait sur des comptes off-shore. Mais des commissions étaient également versées pour permettre à Elf de poursuivre ses exploitations dans les pays où elle produisait déjà du pétrole. L’ensemble de ces commissions versées aux officiels du pays via des intermédiaires était d’une certaine façon le prolongement de la politique étrangère de la France, notamment dans les pays africains, et c’est la raison pour laquelle le président d’Elf en informait la présidence de la République ».
  • p. 56. Le montant de ces commissions « correspondait à 2,5 % de l’opération pétrolière. [...] Je faisais néanmoins prendre en charge la moitié du coût des commissions en les faisant déduire de nos impôts dans les pays où nous étions implantés. Ce que nous appelions le “cost-oil”. Le système des commissions est un passage obligatoire. L’ouverture d’un client ou d’un pays, en termes jargonneux, nécessite toujours des mesures d’accompagnement, n’en déplaise à la morale. Je n’ai pas inventé le système. [...] Favoriser l’obtention de marchés en m’appuyant sur la vanité et la vénalité des hommes ; profiter de leur faiblesse aussi ». _(Elf prolonge ainsi une « politique étrangère » de la France » qui porte sur les Africains un regard profondément méprisant. À ne considérer que « la vanité et la vénalité des hommes », on risque un jour, en se regardant dans la glace, d’avoir une mauvaise surprise.)
  • p. 57. « Ces pays sont composés d’ethnies, et le chef de l’État est souvent loin de les contrôler toutes. [...] Vous devez négocier avec le pouvoir central sans négliger de rencontrer les chefs tribaux. [...] Il s’agit de respecter [...] l’équilibre souvent fragile qui existe entre un chef autodésigné ou élu et des opposants, des sous-chefs qui sont politiquement incontournables. Ce n’est pas parce que vous êtes le meilleur ami du chef de l’État en place que, tout est possible... Au Gabon, le président est à Libreville mais le terminal pétrolier à Port-Gentil, à plusieurs centaines de kilomètres. Au Cameroun, même chose pour Yaoundé et Douala ou au Congo, pour Brazzaville et Pointe-Noire. [...] Il faut trouver le moyen que tout le monde soit content ».
  • p. 58. « Les moyens sont naturellement financiers. Il existe deux possibilités : le chef de l’État concerné s’occupe lui-même de la répartition entre les autres ethnies ou opposants, ou bien une autre personne, [...] un homme localement d’une importance considérable : [...] [les] barons locaux d’Elf [...] placés sous le contrôle d’André Tarallo ». _« Les commissions ne sont jamais payées par Elf, elles sont payées par une société de trésorerie qui est en Suisse [Rivunion], alimentée par des filiales étrangères. [...] L’opération est extérieure à la France. [...] Les ordres sont transmis oralement. La première note qui induit l’ordre est très rapidement détruite ».
  • p. 58-59. Chez Elf, avaient connaissance des commissions « le directeur général des hydrocarbures : André Tarallo puis Frédéric Isoard ; le directeur d’Elf-Trading : Bernard de Combret ; le directeur financier : Philippe Hustache, et ses adjoints, Jack Sigolet, Jérôme Contamine et Claude Gosselin ».
  • p. 59. « Tout le monde se doutait bien que le versement de commissions supposait celui de rétrocommissions » en France.
  • p. 60. Tout cela, c’était la « fonction » d’André Tarallo. _« Les termes de réalisme et pragmatisme » pourraient qualifier ce système. « C’est un système disons “naturel” dans les affaires ». Quant aux fameux abonnements au bénéfice des chefs d’État africains évoqués par Tarallo – de 1,40 à 4,20 francs par baril –, ce sont « des opérations qui existent depuis trente ans et qui sont dans les dossiers de l’État ».
  • p. 62. « Dans chaque pays de l’Est, il existait une amicale directement liée au Parti communiste français, une sorte de bureau d’études par lequel une entreprise qui voulait s’implanter était obligée de passer. Cette officine nous a rendu des services. [...] Est-ce qu’il y avait un retour vers le Parti communiste ? [...] Ce système montrait son efficacité, et pour moi c’était l’essentiel ».
  • p. 63. « En augmentant les acquisitions, j’ai augmenté les opérations et donc les intermédiaires. Le montant des commissions est proportionnel au nombre d’opérations. [...] Les risques [de financement occulte] sont multipliés par trois. [...] Et les appétits ont probablement été décuplés ».
  • p. 66. « Même si, au titre de la compagnie, j’ai versé des commissions, je n’en connaissais pas les retours. À quoi servaient la plupart du temps ces rétrocommissions ? À mettre sous influence celui qui les percevait. Au cas où... [...] Si tout le monde se sert du gâteau, plus personne ne peut plus rien dire ».
  • p. 66-67. « Laurence Soudet, [...] la femme [... du] meilleur ami [de Mitterrand] et [...] pendant plus de vingt ans [... sa] secrétaire particulière [...] a déclaré, dans l’émission Envoyé spécial [du 31/05/2001], être personnellement allée chercher des enveloppes chez Elf, et ceci bien avant mon arrivée ! Elle a même ajouté qu’au bout d’un certain temps, ce n’était plus des enveloppes mais une valise ».
  • p. 67. « Qui pense encore que l’on grimpe la hiérarchie étatique jusqu’au plus haut sommet de l’échelle avec comme seules armes la probité, le courage, la vérité... sans que l’argent y prenne part ? Nos démocraties sont en perpétuelle représentation, et survivent à coups de déballages médiatiques et de grand-messes. L’accent est mis sur la communication. [...] Nos concitoyens attendent des hommes politiques qu’ils soient brillants et élégants tout en faisant du social, [...] disponibles [...], débattant à la radio, à la télévision, dans les journaux... sans qu’ils dépensent un centime. Le citoyen “moral” assume sans ciller ces contradictions. On hait l’austérité pour soi-même, mais on l’applaudit chez les autres. Les édiles se complaisent dans ce rôle ». _(LLFP n’a pas tort de suggérer que nous avons la démocratie que nous méritons. Comme les courses cyclistes. Si l’électeur est convaincu que le plus dopé représentera le mieux son pays... Mais qu’espérer à terme de politiques nationales et internationales fondées sur la tricherie ?.)
  • p. 73. En juin 1992, deux cadres d’Elf viennent alerter Le Floch : « Des gens d’Elf veulent porter au pouvoir, cette nuit, le chef d’état-major, le général Mokoko ». Le patron d’Elf assure avoir fait arrêter le décollage d’un avion de la compagnie qui s’apprêtait à se rendre à Brazzaville avec une poignée de mercenaires à bord. Le général Mokoko n’aurait lui-même pas été prévenu de « son » coup d’État.
  • p. 76. « Il y avait au sein de la société trois grandes familles de réseaux : politique, renseignements et X-Mines ». _« Lorsque je vous ai dit qu’Elf avait été créée pour être le bras séculier de l’État, on peut se demander si ce n’était pas tout simplement le bras séculier du gaullisme. Autour d’Elf avait été tissée une relation étroite entre la France et l’Afrique, et si on touchait à cette organisation historique, c’était la rupture avec l’Afrique qui était en jeu. [...] Les relations étaient également financières [...] : de l’argent a circulé d’un côté comme de l’autre ». (Ce que l’on ne voulait pas rompre, c’est le cordon ombilical non coupé par De Gaulle, avec l’argent pour fluide amniotique.)
  • p. 77. « Il s’agit d’un réseau RPR. Le personnage central était [...] Jacques Foccart [...]. Ensuite, pour les Africains, il y avait deux grands frères : Jacques Chirac et Charles Pasqua. [...] Le RPR [...] a organisé une répartition des tâches. L’initiative en revient à [...] Pierre Messmer, qui est le président de l’Association France-Afrique-Orient fondée par Charles Pasqua le 4 juillet 1988. C’est lui qui, d’une certaine façon, a adoubé Charles Pasqua sur l’Afrique. Le département des Hauts-de-Seine, où Charles Pasqua est élu conseiller général dès 1970 [et qu’il préside depuis 1973], est un département-clé [...]. Presque toutes les plus grandes entreprises françaises y ont leur siège, et notamment celles qui travaillent avec l’Afrique. [...] Charles Pasqua avait la possibilité de s’appuyer sur ces sociétés pour créer un partenariat avec certains États africains. C’est en tout cas ce qu’a décidé Pierre Messmer ».
  • p. 78. « Lorsque je parle à des Africains, il est clair pour eux que Pasqua a été désigné par Chirac. D’où leur extrême embarras actuel. [...] Le réseau RPR s’est scindé en deux mouvements : le RPR et le RPF. La vieille mécanique est grippée ».
    « Jacques Foccart [...] avait créé ce système [... pour] gérer la période postcoloniale de l’Afrique en permettant à la France de garder son influence et surtout sa position de grande puissance aux Nations unies et au Conseil de sécurité. Les chefs d’État devaient être des “amis”. [...] Le réseau, c’est un maillage d’intérêts pour l’information puis pour la mise en place des politiques. On a parlé bien sûr de franc-maçonnerie, mais il y a aussi les clubs du type Rotary ou Lions, etc. L’essentiel était d’assurer une solidarité sans faille entre Africains et Français ». _Tarallo «  était le patron du système Elf en Afrique, le filtre et le fil entre l’Afrique et la France. C’est un proche de Charles Pasqua mais également un intime de Jacques Chirac ».
  • p. 80. « Le corps des Mines [...] est un réseau corporatiste en lutte permanente, d’ailleurs, avec le réseau africain. En parallèle, il y avait les réseaux de renseignements liés à la DGSE, à la DST ou aux Renseignements généraux ».
  • p. 76. « On a retrouvé [...] des gens d’Elf dans des opérations de pure barbouzerie ou dans des groupes aussi douteux que ceux de Bob Denard aux Comores ».
  • p. 81. « J’ai le regret de constater qu’il ne reste plus que l’argent et le corporatisme pour entretenir les réseaux. L’ancien système avait au moins un objectif : l’influence de la France dans le monde ». _(Il était difficile de s’enthousiasmer durablement dans la promotion d’une France corruptrice, cynique et méprisante.)
  • p. 87-88. « Tarallo est l’homme-clé du dispositif. [...] Il maîtrise dans le détail tous les rouages et en particulier les contacts avec les pays africains ». En arrivant chez Elf, LLFP promeut Tarallo directeur général des hydrocarbures, numéro 2 du groupe.
  • p. 90. « Tous les cadres du parti gaulliste [...] m’ont félicité de sa promotion. [...] Le RPR a compris à ce moment-là que je n’avais pas été nommé pour conduire une politique de rupture mais que je jouais plutôt l’apaisement et la continuité ».
  • p.90-91. « Un homme prend de plus en plus d’importance dans la maison, [...] Frédéric Isoard. Directeur de l’exploration-production, il entretient de bonnes relations avec Tarallo. [...] Isoard est nommé directeur général des hydrocarbures [... dont] Tarallo [...] devient une sorte de parrain. [...] Il reste [...] président d’Elf-Trading, [... d’Elf-Gabon, et] demeure incontournable dans la maison ».
  • p. 92. « Les relations Tarallo-Pasqua étaient au moins aussi importantes » que les relations Sirven-Pasqua.
  • p. 103. « La Fiba était une banque postcoloniale. [...] Tous les rapports que la société [Elf] entretenait avec l’Afrique passaient par elle. Elle était dirigée par Jack Sigolet, proche parmi les proches d’André Tarallo et adjoint de Philippe Hustache à la direction des finances d’Elf. L’autre personnage-clé de la Fiba était Pierre Houdray, formé par le banquier Jean-Marc Vernes et rompu aux dossiers difficiles ». La Fiba était associée dans ses actions « avec la filiale de trésorerie d’Elf en Suisse, Rivunion. Cette filiale, sous la responsabilité du directeur financier Philippe Hustache et de ses adjoints Jack Sigolet et Jérôme Contamine, gère des sommes considérables issues des filiales étrangères du groupe ».
  • p. 104. La perquisition du 7 mars 2000 au siège de la Fiba n’a pas été suivie « d’investigations complémentaires. En fait, un accord avait été passé : les juges ne poursuivaient pas leur enquête si la banque fermait. [...] La décision a été prise de fermer la banque. Pas vu, pas pris, pas de vague ». _« Si comme les juges, vous ne regardez pas la Fiba, vous n’ouvrez pas réellement le dossier Elf : le dossier historique qui commence bien avant moi et se poursuit naturellement après. L’absence d’enquête sérieuse de la part des juges a servi l’intérêt de nombre de dirigeants d’Elf et probablement de l’ensemble de la classe politique ».
  • p. 105. « Rivunion, en Suisse, [...] elle non plus, n’a fait l’objet d’aucune investigation ». _« La Fiba et Rivunion ont mis sur pied une quarantaine de sociétés off-shore. Une enquête judiciaire sérieuse aurait probablement permis [...] d’identifier ceux qui les avaient ouvertes et fermées, ainsi que leurs bénéficiaires. [...] [La Fiba et Rivunion] traitaient des dossiers allant de cinquante [...] à trois cents millions de dollars. Mais surtout elles s’occupaient des dossiers de préfinancements. Par exemple, [pour] un chef d’État africain [... en peine de] payer ses fonctionnaires [... ou d’] assurer certains investissements ».
  • p. 106. « Elf avait tout intérêt à prêter l’argent dont le chef d’État africain avait besoin. Il s’agissait donc de trouver le moyen d’habiller la dette. C’était le fameux préfinancement. [...] Il n’y avait aucun risque dans la mesure où l’argent serait remboursé par la production de pétrole tirée du sous-sol du pays et commandée par Elf-Trading. [...] Une ou plusieurs sociétés off-shore étaient créées. La Fiba ou Rivunion débloquait les fonds et ceux-ci, via les off-shore, arrivaient chez l’emprunteur. La Banque mondiale et le FMI n’y voyaient que du feu. Elf avait injecté de l’argent mais récupérait du pétrole et ce système s’est révélé très rémunérateur pour la société ».
    « L’argent injecté allait[-il] intégralement aux pays en question ? La réponse est non ! Le système fonctionnait avec une multitude d’intermédiaires qui étaient rémunérés à chacune de leurs interventions. Sur une opération de cent quatre-vingt millions de dollars, 1 % de commission représente une somme assez conséquente. Les principaux [intermédiaires] étaient les avocats qui s’occupaient des montages juridiques des off-shore [...] en Suisse ou en Allemagne. Il y avait également les fiduciaires [gestionnaires de sociétés-écrans], très liés aux avocats. Ces gens étaient très bien payés. Il était tout aussi évident que des personnalités locales prenaient de l’argent au passage. [...] Derrière ces off-shore, il y avait forcément des personnalités d’affaires, politiques... qui bénéficiaient de cet argent... ». _(Un vol de vautours sur la pétro-dette africaine, après que le lion Elf ait pris sa part. LLFP vient conforter notre nouveau Dossier noir, L’envers de la dette. Voir la fin de ce n°.)
  • p. 107. « Il n’y a pas d’évaporation. L’argent va bien quelque part, et cet argent est tout à fait palpable pour ses bénéficiaires ». ( !) _« Je crains qu’il ne soit trop tard [pour mettre au jour les opérations occultes réalisées autour de la Fiba]. Le démontage du système et notamment des sociétés off-shore s’est, paraît-il, accéléré ces derniers mois... Ce sont messieurs Bruno Weymuller, nouveau directeur financier, Bernard de Combret, directeur d’Elf-Trading, Yves-Louis Darricarrière, directeur financier des hydrocarbures, et Didier Chanoine, directeur du commerce international, qui s’en sont chargés ».
  • p. 108. Questionné sur le rôle de la Fiba dans les fournitures d’armes, LLFP se contente de dénoncer les livraisons au président Pascal Lissouba, l’adversaire de son ami Denis Sassou Nguesso. Pas un mot sur les armes qu’Elf a préfinancées à ce général, dictateur puis putschiste. La conclusion en est d’autant plus valable : « Des milliers de Congolais sont morts et les survivants doivent payer les armes qui ont tué les leurs. Là encore, moi, j’ai envie de savoir ce qui s’est passé, et, surtout, je souhaite que l’on délivre au plus tôt les Congolais de cette dette honteuse ». (Si vraiment Le Floch a « envie de savoir », l’ami Sassou, avec lequel il joue au tennis, pourrait aisément satisfaire l’essentiel de sa curiosité. Entre deux balles.)
  • p. 116. La filiale suisse « Elf Aquitaine International (EAI) avait été créée pour que les “mercenaires” du pétrole, majoritairement des ingénieurs de terrain très spécialisés, puissent bénéficier d’une fiscalité et d’une retraite avantageuses ». _(Autrement dit, la compagnie porte-étendard de la France organisait l’évasion fiscale et sociale de ses cadres les mieux payés.)
  • p. 117-119. Les quelque 400 emplois fictifs payés par EAI ? « Je ne dirais pas qu’il s’agit d’emplois fictifs, plutôt des emplois de la République. [...] Il se passait la même chose dans toutes les sociétés que j’ai dirigées : Rhône-Poulenc, Gaz de France. [...] Elf n’était pas le paradis de [... tels emplois] par rapport à des sociétés comme la Compagnie générale des eaux (la CGE aujourd’hui rebaptisée Vivendi) ou la Lyonnaise des eaux (rebaptisée Suez). [...] La République fonctionne ainsi. Pour moi, c’est un mal nécessaire. [...] Je suis d’ailleurs persuadé que rien n’a changé ».
  • p. 129. Jacques Chirac est intervenu auprès de LLFP en faveur de son ami l’industriel de la confection Maurice Bidermann, « lors d’un déjeuner à trois » chez ce dernier.
  • p. 133–134. LLFP confirme l’article de Nicolas Beau sur la panaméenne Ladel (Quand Elf égarait la justice, in Le Canard enchaîné du 12/09/2001, cf. Billets n° 96). Selon un rapport de mission de Didier Chanoine, « Ladel a servi de support, non seulement pour trois opérations Bidermann mais également pour une opération Gabon et onze opérations Congo  ». « Dans ce contexte, le problème pourrait bien être de cantonner toute investigation aux seules opérations Bidermann  ». Didier Chanoine précise dans une autre note : « Les comptes de Ladel sont toujours susceptibles d’examen dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire présentée par la justice française », apparemment non sollicitée par les juges Joly, Vichnievsky et Van Ruymbeke.
  • p. 138. « Peut-être est-ce à l’insu de son plein gré que Dominique Strauss-Kahn a eu une secrétaire rémunérée par Elf... ». Lui, en tout cas, a obtenu un non-lieu sur ce dossier.
  • p. 140. « Sanofi a créé une usine en Corrèze [... sans] justification, tout simplement parce que Jacques Chirac [...] l’a demandé  ».
  • p. 142. «  Le RPR se sentait chez Elf comme à la maison ! Et il était notoire que la compagnie aidait la mairie de Paris ».
  • p. 142-143. « À Pau, [...] Elf [...] soutenait [...] François Bayrou ». LLFP est intervenu pour que le maire socialiste André Labarrère soit enfin « traité correctement ». « J’ai fait pareil à Nantes. [...] Le maire de Nantes est Jean-Marc Ayrault  ».
  • p. 143. «  Elf soutenait la vie politique ordinaire, régionale, pour des montants variables. [...] L’unité de compte était de dix millions de francs. [...] Nous étions loin derrière des sociétés comme la Lyonnaise des eaux ou la Compagnie générale des eaux ». _« À chaque poste que j’ai occupé, j’ai participé d’une manière ou d’une autre à la grande fête de SOS Racisme. J’ai également toujours soutenu Amnesty International ».
  • p. 156. LLFP s’entretient du projet de reprise de la raffinerie de Leuna, en ex-Allemagne de l’Est, « avec Mitterrand et ses collaborateurs directs, Hubert Védrine et Anne Lauvergeon. Mais aussi avec Élisabeth Guigou, alors ministre des affaires européennes ».
  • p. 158. « Lorsque je parle de lobbying à François Mitterrand, cela veut dire que je vais devoir verser des bakchichs ou des pots-de-vin. [...] Cela va de soi ». Védrine, Lauvergeon et Guigou sont également informés que des pots-de-vin doivent être versés. « Tous avaient parfaitement connaissance du système [Elf] » (p. 159).
  • p. 159. « Où est le problème ? [...] Deux cent cinquante-six millions de francs représentaient une somme marginale. D’autant qu’ils n’étaient pas tirés des caisses d’Elf, mais pris sur les milliards de subventions accordés par l’Allemagne ».
  • p. 165. Sur les 96 millions versés à Pierre Lethier, ancien n° 2 de la DGSE, « la seule question qui vaille est la suivante : cet argent était-il pour Lethier ou pour la DGSE ? Chacun sait depuis toujours que les services secrets étaient financés par l’impôt et par Elf ».
  • p. 188. Où sont passés les 300 millions de francs de plus-value réalisés par l’Irako-Britannique Nadhmi Auchi, premier actionnaire de Paribas, dans le rachat par Elf de la société hispano-koweïtienne Ertoil ? « Tout le monde sait qu’il y a des liens forts, et de longue date, entre les Irakiens expatriés et le RPR. [...] Chirac connaît Saddam Hussein ; lequel connaît Auchi. [...] Le [nom du] Corrézien Patrick Maugein [...] est indissociable de celui de Chirac, comme Jospin avec Moatti. Ami et partenaire autrefois de Marc Rich, le plus grand trader de pétrole des dernières années, il s’est beaucoup intéressé au pétrole, à l’Irak et à l’Afrique. Il est aujourd’hui à la tête d’une société pétrolière anglaise, la Soco. (Cf. Billets n° 89, 93,95). _« Le sujet d’investigation est le suivant : il existe des liens à éclaircir entre les Irakiens de l’extérieur – et de l’intérieur – et le RPR. [...] Si la justice voulait vraiment enquêter sur les fonds qu’aurait distribués Auchi, elle tomberait peut-être sur le RPR que présidait Jacques Chirac ».
  • p. 189. « Les cinquante-six millions [versés dans cette affaire à Daniel de Busturia, l’homme d’Elf en Espagne] étaient destinés à l’arrosage politique des proches du gouvernement de Felipe Gonzalez, mais également des proches du roi d’Espagne ».
  • p. 201. « Combien de cadres d’Elf avaient des comptes en Suisse ? Beaucoup. La Suisse était un peu la seconde patrie pour nombre de gens de la maison ».
  • p. 211-212. La fondation Elf ? « Ma femme n’avait aucun pouvoir. L’homme qui dirigeait vraiment la fondation était le docteur Sebbag. [... Un détournement de fonds] était impossible. Toutes les dépenses étaient contrôlées par les financiers du groupe ». _(Ces mêmes financiers dont LLFP n’a cessé de nous démontrer qu’ils étaient des génies du détournement !)
  • p. 220-221. Alfred Sirven « ne cachait nullement ses amitiés au RPR pas plus que celles qui le liaient à la famille d’Ornano. Mais [...] il [...] avait également des relations fortes avec des communistes ».
  • p. 222. LLFP minimise le rôle de Sirven à Elf : « Sirven n’a jamais été le numéro deux, ni mon bras droit [...]. C’est de l’affabulation ». Mais la suite du chapitre ne cesse de montrer l’influence extraordinaire du personnage. LLFP l’avait recruté pour « travailler en parallèle [rivalité] avec André Tarallo... dont il est devenu l’ami. La vie est bizarre ».
  • p. 226. « Sirven connaît tout le monde, et ceux qui ne le connaissaient pas, voulaient le rencontrer. Il n’y avait pas un cocktail où on ne parlait pas de lui. Il n’existait pas un homme politique de premier ou de second plan qui n’ait été dans son carnet d’adresses, ou n’ait souhaité y être ».
  • p. 227. « L’entourage du président de la République [a conseillé à Sirven de s’enfuir en 1997]. Pour moi cela ne fait pas l’ombre d’un doute ». (Une accusation grave, sans grand écho médiatique.)
  • p. 228. « Des sommes énormes ont transité sur les comptes de Sirven [qui « n’avait aucune délégation de signature » (p. 224)]. [...] Pourquoi de l’argent est-il passé de Sirven pour aller chez Tarallo ? Quel accord existait entre les deux hommes ? ».
  • p. 229. « Le président [de Sanofi], Jean-François Dehecq, entretient les meilleures relations avec Jacques Chirac, mais aussi avec Michel Rocard. [...] Philippe Hustache, le directeur financier, [...] se vante d’être un ami personnel d’Alain Lamassoure. [...] Raphaël Hadas-Lebel, ancien conseiller de Raymond Barre, [...] distribue les enveloppes en liquide. L’ensemble de la classe politique sait qu’il est possible d’aller chercher de l’argent chez Elf. [...] Alfred Sirven arrive [...] à la tour Elf. Chacun des collaborateurs déjà en place connaît une ou deux chapelles politiques. Sirven, lui, les connaît toutes. [...] A-t-il voulu ordonner les chapelles ? Ou les chapelles lui ont-elles donné les clefs de la crypte ? ».
  • p. 238. « Charles Pasqua mais également tout le RPR prenaient les avions d’Elf. [...] Seul Alain Madelin a reconnu qu’il avait pris des avions d’Elf. Cela représentait une somme dérisoire pour la société, et c’était dans la nature des choses ».
  • p. 240. « L’ensemble de la classe politique a été financée de façon irrégulière par Elf, mais aussi par de très nombreuses autres sociétés et dans des proportions sans doute plus importantes ».
  • p. 241-242. « À ma connaissance, Lionel Jospin n’a jamais pris un avion d’Elf. Mais [...] il n’ignorait rien du système de financement du Parti socialiste ».
  • p. 243. « Elf [... a] été pour moi [...] le plus beau fleuron de l’industrie pétrolière française. Puisse ce livre d’entretiens lui rendre hommage ». (Remplaçons par exemple dans ce livre « France » par « Etats-Unis », « De Gaulle » par « Eisenhower », « Africains » par « Français ». Au bout de ces confessions d’un ex-PDG américain, le Français Le Floch ne serait-il pas révulsé par un tel « hommage » ?)
Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 097 - Novembre 2001. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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