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L’"intouchable" Marchiani

Publié le 1er janvier 2004 par François-Xavier Verschave
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L’épouse d’un homme d’affaires français a expliqué au juge d’instruction Philippe Courroye, qui instruit les gigantesques trafics et escroqueries de l’Angolagate, que Jean-Charles Marchiani, le superbarbouze pasquaïen, s’était vanté de « pouvoir tout régler » et qu’il était « intouchable ».

" L’histoire semble lui donner raison ", conclut Libération (27/11/2003), puisque la commission juridique du Parlement européen a, pour la troisième fois, refusé la levée de l’immunité parlementaire de celui qui est présumé avoir " profité " de quelque 5,5 millions d’euros de " détournements ". C’est du moins la somme des dérives que le juge estime avoir établies, et qui ne portent que sur une petite partie de l’activité du personnage.

Le rapporteur de la commission, l’eurodéputé démocrate-chrétien allemand Klaus-Heiner Lehne, renverse même l’accusation : Marchiani serait victime d’un complot de la justice française. Quand on connaît la carrière de l’individu [1], ce retournement à de quoi sidérer. Jean-Charles Marchiani reconnaît lui-même être sorti des voies légales : de 1993 à 1995, il a bien, avec Charles Pasqua "mené une diplomatie parallèle pour remédier à l’incurie de ceux qui en étaient alors chargés" (Le Monde, 06/12/2003) - les diplomates visés n’étant autres qu’Alain Juppé et Dominique de Villepin...

Quant à l’eurodéputé Lehne, il s’est beaucoup investi dans les relations entre l’Europe, la Russie et le Maghreb. Ce n’est pas exactement le choix de la transparence.

François-Xavier Verschave

[1] Cf. F.X. Verschave, Noir Chirac, Les arènes, 2002, p. 143-146

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