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La Franchérifie, Hicham et la came

Publié le 1er octobre 2004 par Jacques Cartis

L’assassinat du marocain Hicham Mandari, abattu le 4 août dernier d’une balle dans la tête en Espagne, (cf. Billets n° 128) a fait couler beaucoup d’encre en Espagne et au Maroc. En France, le journaliste Stephen Smith y a consacré une double page du Monde où l’intox le dispute à l’occultation pure et simple du secteur français de l’étonnante trajectoire de la victime.

Des recoins les plus secrets du palais de Hassan II, Mandari avait été propulsé dans l’orbite de nombreux politiques en France, en Afrique et au Moyen-Orient. Des relevés d’appels téléphoniques émis par certains de ses nombreux portables font apparaître des contacts avec des personnalités comme Claude Chirac, Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie, Jean-Pierre Chevènement, Charles Pasqua ou Pierre Falcone.

Les fonctions qu’avait exercées Mandari aux côtés du général Mediouri, le patron de la sécurité royale du temps de Hassan II, lui ont en effet ouvert bien des portes. Mediouri, pour le compte de son maître, avait notamment la haute main sur la distribution des subsides et autres cadeaux que le souverain attribuait aux responsables étrangers dont il souhaitait faire ses obligés. Une pratique dont, selon le témoignage détaillé de Mandari, d’éminents représentants de la classe politique française ont largement et longuement bénéficié.

Les fonds consacrés par le monarque à ces « bonnes œuvres » étaient d’autant plus volumineux qu’il s’agissait en partie du recyclage, c’est-à-dire du blanchiment, de la part revenant au palais des bénéfices des grands réseaux de trafic de drogue opérant au Maroc.

Comme l’a démontré l’OGD (Observatoire géopolitique des drogues), le royaume n’est pas seulement le premier exportateur mondial de haschich, mais aussi une plate-forme de transit pour l’héroïne et la cocaïne destinée au grand marché européen.

Depuis 2003, Mandari, qui avait créé un virtuel Comité national des Marocains libres (opposition au régime), se déclarait fils de Hassan II et de sa concubine favorite, Farida Cherkaoui.

Rien ne filtre sur l’enquête de la justice espagnole.

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