Survie

Cabinda, Angola : Cabinda oublié

(mis en ligne le 1er avril 2005)

Annexé et occupé militairement en 1975 par l’Angola (dont il est séparé de plus de 30 km par le débouché sur l’Atlantique du Congo-Kinshasa et du fleuve Congo), victime des calculs stratégiques des grandes puissances et d’une surabondance de pétrole, le Cabinda continue d’être martyrisé par les troupes angolaises dans l’indifférence criminelle de la communauté internationale. Un peu comme la Tchétchénie. À la façon des milices et soldatesques de l’ami Sassou, que l’Angola a remis en selle au Congo-Brazzaville voisin, l’armée occupante n’hésite pas à massacrer les populations de l’intérieur du pays par des offensives à l’arme lourde ou les raids d’hélicoptères d’assaut. Selon le Comité d’action et d’aide aux réfugiés du Cabinda (CAARC), quatre femmes, soupçonnées d’être les épouses d’éléments du FLEC (Front de libération de l’enclave du Cabinda), ont été enlevées le 29 décembre 2004, violées et torturées. Prises en otage, « enfermées dans les camps militaires où elles subissent des rapports sexuels forcés, elles servent de “boucliers humains” dans les patrouilles de l’armée à la recherche des campements du FLEC » (communiqué du CAARC, mbandurefugies@yahoo.fr). Pendant ce temps, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) fait pression sur les réfugiés cabindais du Congo-B pour qu’ils rentrent au pays - alors que beaucoup des rapatriés de 2001 ont été victimes des opérations de « nettoyage » ultérieures. Sassou dans le Pool, Dos Santos au Cabinda : même combat !

François-Xavier Verschave

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 135 - Avril 2005
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