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LA FRANCE AU RWANDA - Lire - ’L’horreur qui nous prend au visage, L’État français et le génocide au Rwanda’ et ’Imprescriptible, L’implication française dans le génocide tutsi ’

Publié le 1er mai 2005

La Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi propose (détails in Billets n°133, p. 10.) :

L’horreur qui nous prend au visage L’État français et le génocide au Rwanda Coordonné par Laure Coret et François-Xavier Verschave Karthala, 2 février 2005, 588 p., 32 €

Géraud de La Pradelle Imprescriptible L’implication française dans le génocide tutsi portée devant les tribunaux Les arènes, 2 février 2005, 188 p., 19,90 €

Troisième publication de la CEC :

Édition dirigée par Laure Coret Rwanda 1994-2004 : des faits, des mots, des œuvres L’Harmattan, mars 2005, 205 p., 18,50 €

Du 21 au 26 mars 2004, à Paris, s’est tenue une Commission d’Enquête Citoyenne sur l’implication de l’état français dans le génocide au Rwanda. Elle a eu et continue d’avoir pour tâche la démonstration ou l’infirmation de complicités françaises dans le génocide des Tutsi. Ce n’est pas tout dire. Il reste à comprendre l’avant, il reste à entrevoir l’après. Il reste à rappeler les mots qui ont rendu le génocide possible, ceux qui ont préparé ces deux millions de tueurs à tuer, chaque jour, de huit heures à dix-sept heures, sans cesser de se marier ni d’accompagner leurs enfants à l’école. Il reste à décrypter ces autres mots, ceux de l’armée française qui partout et toujours semble prête à instruire, assister, enseigner aux troupes d’ailleurs leurs doctrines dès longtemps éprouvé. Il reste à dénoncer et retenir les mots des politiques, ceux qui confondent des guerres avec un génocide, ceux qui systématiquement semble se tromper d’ennemi et entretenir avec forces moyens des amitiés plus que coupables. Il reste à tenter de lire et de comprendre les mots des rescapés, et particulièrement dans ces circonstances étranges où ils sont recueillis et travaillés à côté de ceux des tueurs, par un journaliste français. Il reste à tenter, obstinément, de faire passer les mots des morts, de représenter ce que d’aucuns aimeraient masquer du sceau injonctif de l’irreprésentable, et de comprendre comment cet interdit est ou non franchi par l’expérience du théâtre. Nous l’avons essayé, aux marges de la Commission d’Enquête Citoyenne, avant et après, lors de tables-rondes, de conférences, organisés par Aircrige et Survie, du 7 au 27 mars 2004. Une partie de ces textes paraît ici, sous une même problématique : Rwanda 1994-2004. Ils suivent les conclusions de la Commission d’Enquête, les expliquant ou les commentant, s’y ajoutant comme en marges, pour mieux comprendre simplement ce que peuvent les mots, qu’ils servent à défaire ou à créer. Voici donc un ouvrage, entre l’histoire et l’écriture, entre culture et politique, résolument en questions esthétiques, articulé en moments continus de réflexion autour de faits, de mots et d’œuvres, aux temps des commémorations.

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