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Rwanda : A fleur de presse - Juillet 2005

Publié le 1er juillet 2005

Le Gri-Gri International, Rwanda, les créanciers aussi se fendent la gueule !, 02/06 (Marc de Miramon) : « Malgré les effets d’annonce, le Rwanda continue de rembourser une dette en partie contractée pendant la préparation du génocide. [...] Les temps changent. Un site Internet a été inauguré en 2000 et le Club [de Paris] inonde désormais les rédactions de communiqués sur son action « positive ». En témoigne l’annonce en fanfare de l’annulation de la dette du Rwanda, le 10 mai dernier. Une « information », immédiatement relayée par Le Monde et l’AFP, qui mériterait pourtant quelques éclaircissements. Si le Rwanda a effectivement vu « levée » sa créance de 100,4 millions de dollars au Club, sa dette extérieure (environ 1,5 milliards de dollars) reste abyssale. [...] Ce n’est pas un scoop : une partie de l’argent prêté par les institutions financières internationales au régime dictatorial du général Habyarimana a servi a acheter des armes pour préparer le génocide de 1994. [...] Sur ce sujet, les institutions financières internationales, si promptes à étaler leur « générosité » sont unanimement amnésiques. Le Club de Paris prétend par exemple être incapable de remonter le fil des créances [...] Questionné par Le Gri-Gri, le ministre de l’Economie rwandais, Donald Kaberuka, préfère se réfugier derrière une argumentation digne de ses créanciers : « Quand vous avez une dette, quelle qu’elle soit, il faut l’honorer. C’est un principe de base. Et puis, à l’époque, les mécanismes d’annulation de la dette n’existaient pas. » Détail éclairant, M. Kaberuka brigue actuellement la direction de la Banque Africaine de Développement. Qui dépend de la Banque mondiale »

Que la propagande des créanciers soit transformée en « information » par certains médias ne surprend plus vraiment. En revanche, on ne peut que profondément regretter la justification du paiement de la plus odieuse des dettes par le ministre rwandais de l’Économie. La mémoire du génocide est-elle soluble dans la realpolitik ?

Victor Sègre

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