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Madagascar : 29 mars 1947 : des chiffres et des mots autour d’un massacre colonial

Œillères médiatiques

Publié le 1er septembre 2005 par Jean-Luc Raharimanana

Le 21 juillet 2005, Chirac visite Madagascar et les médias français redécouvrent l’île tout d’un coup ! Se passerait-il des choses sur ce grand bout de caillou de l’Océan Indien ? Quel intérêt de la France y défend donc notre brave Président ?

Depuis la fin des événements de 2002 en effet, où les deux candidats à la présidence malgache se sont déchirés et ont entraîné leur pays dans une véritable guerre civile, plus rien d’intéressant ne s’y déroule : ni troubles prometteurs de massacre, ni famine à grande échelle. Ce ne sont pas les quelques cyclones annuels qui s’y promènent qui en feront des sujets dignes de ce nom - n’est pas tsunami qui veut ! Pas intéressant donc les grenades qui volent sous le nez des hommes politiques - opposant ou homme du gouvernement, on ne sait plus qui lance, qui balance, qui dégoupille...

Il est vrai qu’on a affaire à des apprentis terroristes qui ne parviennent même pas à faire une seule victime ! En lieu et place des fanatiques islamistes anti-mondialistes, on n’a affaire qu’à quelques pauvres paysans volant les poissons rouges que le Président Ravalomanana a amoureusement élevés dans sa vitrine de Madagascar sise au Palais présidentiel - le même Palais qu’a bâti son prédécesseur qualifié de criminel envers la Nation. D’attentat, l’on ne nous gratifie que la date mythique du 20 mai où le jet de brique d’un fou frappa de plein fouet le cortège présidentiel !

La question métaphysique : comment le fou a-t-il deviné la voiture de Ravalomanana parmi tous ces véhicules aux vitres fumées, sa main était-elle guidée par la colère sourde du peuple et des ancêtres ? Et question subsidiaire : que sont devenus les morceaux de brique scientifiquement expertisés par la garde présidentielle ? Et question subsidiaire bis : qu’est devenu le fou coupable ou le coupable fou ?

Pas intéressant non plus les militaires qui chargent les étudiants à Toamasina ou à Mahajanga - ville où est descendu le Président Chirac, on y reviendra. Pas intéressant les stations de radios privées fermées depuis des mois et les journalistes condamnés à des sanctions pénales pour avoir informé le public - il n’y a pas d’otages qui traînent par là !

Heureusement, Olivier Péguy, correspondant de RFI est là qui permet de brandir l’indignation : son départ, sous prétexte de visa de travail non renouvelé, s’apparente fortement à une expulsion polie, faut-il être blanc journaliste pour que vos confrères s’intéressent à vous ?

Situation critique. Chirac passe, les nouvelles arrivent, on a de quoi écrire ! Mais a-t-on écrit qu’on a fermé l’université de Mahajanga pendant son séjour ? Crainte que les étudiants n’en profitent pour intensifier leurs manifestations ? Ces derniers réclamaient entre autres le paiement de leurs bourses d’études, la libération (la veille de la visite) de leurs compagnons emprisonnés, l’élucidation de la mort de l’un d’eux sous les balles des militaires, le rétablissement de la franchise universitaire. Les Majungais reconnaissent toutefois à Chirac que, de par sa venue, ils ont pu se débarrasser des quelques nids d’autruche qui jalonnaient les routes de la ville. Par miracle, « le bord » - promenade ravagée par le cyclone Gafilo en 2004, retrouve sa superbe. Au moment des constatations des dégâts du cyclone, Ravalomanana avait promis de régler ça en quelques semaines, voulait-il que Chirac soit le premier à en profiter plus d’un an plus tard ? Les Majungais auraient même voulu promener leur invité un peu partout dans la ville, des fois que le miracle se reproduise sur d’autres artères que celles menant à la Mairie...

En tout cas, voici Ravalomanana crédité de l’appui de la France, partenaire séculaire et pour l’éternité. Il a de quoi pavoiser car on ne compte plus les coups bas qu’il a portés à la Mère Patrie : l’affaire du sauvetage d’Air Madagascar où Air France est évincé au profit de Lufthansa après une parodie de réunion du conseil d’administration (la compagnie française ne fut pas convoquée sous prétexte que de toute façon elle était minoritaire et que les décisions passeraient sans elle) ; l’affaire des télécommunications où France Télécom se vit cocufiée en bonne et due forme : le tribunal lui donna raison mais invoqua la raison d’État pour justifier l’attribution du marché à un obscur opérateur asiatique où Ravalomanana semblerait avoir des intérêts ; l’affaire Galana, où, en pleine nuit, le Premier ministre et quelques uns de ses proches collaborateurs débarquèrent dans le port de Toamasina et bloquèrent le chargement des hydrocarbures à destination de l’île Maurice, Galana fomentant paraît-il un complot pour assécher les réserves malgaches. BNP-Paribas qui avait financé le contrat pouvait danser sur les vagues...

Il était donc grand temps que le Grand Jacques vienne un peu tirer les oreilles de son ami des îles. Celui-ci aurait-il retenu la leçon ? Le 23 août, de retour du sommet de Gaborone où Madagascar venait d’être admis au sein de le SADC (Southern African Development Community), le mauvais élève de la Chiraquie suggéra dans la foulée d’adopter l’anglais comme langue officielle car les pays membres de cette communauté « semblent parler l’anglais en majorité » ! Ah ! La Francophonie ! Il a quand même tenu un mois le placide Ravalomanana !

Reconnaissance - manque de reconnaissance. Chirac a beau sourire, être gentil, le décorer de la Grand Croix de la Légion d’Honneur, lui faire part de son « admiration pour celui qui a su apporter une nouvelle lumière pour la nouvelle forme de partenariat mondial », son homologue a le chic de tout ficher en l’air. Le président français y va de sa repentance pour les massacres de 1947, reconnaît les « périodes d’affrontements qu’il faut assumer » et promet d’éclaircir ses positions sur ce point de l’histoire entre les deux pays. Ses propos se devaient historiques, mais tombent en ruine dès le lendemain car, lors d’une conférence de presse, Ravalomanana réplique benoîtement qu’il ne s’y connaît pas beaucoup en histoire et qu’il préfère regarder vers l’avenir, d’ailleurs n’était-il pas né en 1949, soit deux ans après la rébellion : une éternité ! Réponse naïve ? Cynique ? En tout cas, elle choque et provoque la colère d’une grande partie de l’opinion malgache : quand un chef d’État ignore à ce point la mémoire de son propre pays, que reste-t-il comme dignité au peuple ? Rien qu’une frustration plus grande encore.

Chirac fait un pas en avant pour la reconnaissance de ce massacre colonial mais se contente de le qualifier de « dérives coloniales », Ravalomanana en fait deux en arrière en espérant qu’on n’altère pas trop les bonnes relations économiques avec la France en fouillant ainsi dans le passé. C’est accorder à l’économie toute prééminence dans le développement. Car Ravalomanana n’est pas dupe : il sait trop bien l’importance de la France dans l’économie malgache et lui-même n’a qu’une obsession, ne pas se couper des mannes du gouvernement français et des bailleurs de fonds. Là réside le problème des pays africains quand il s’agit d’évoquer les massacres coloniaux ou tout simplement les préjudices de la colonisation. Crainte qu’en revenant sur le passé, l’on n’irrite le gouvernement français et qu’en représailles celui-ci ne leur coupe les vivres...

Révisionnisme. Les propos de Ravalomanana provoquent alors une réaction collective d’une quarantaine d’associations malgaches (dont le SECES, Syndicat des Enseignants Chercheurs de l’Enseignement Supérieur) demandant au Gouvernement malgache de « faire son travail et son devoir en réclamant sans délai l’ouverture sans restriction de la totalité des archives françaises sur 1947. » La Présidence, par le biais de Moxe Ramandimbilahatra, conseiller du Président, historien de formation, se justifie alors en fustigeant la conception « passéiste » de ces associations : « Allons-nous toujours nous lamenter sur le passé ? » Prôner l’oubli par peur du présent, voilà une brèche dans laquelle s’engouffreront sans déplaisir révisionnistes et défenseurs de l’Action française. Comment s’étonner dès lors que, dans la presse française, des oreilles se tendent aux thèses révisant à la baisse le nombre des victimes de cette rébellion malgache ? En date du 22 juillet 2005, Libération pose clairement la question : 15 000 ou 100 000 mille morts ? Entre les deux chiffres, la marge est effrayante. Le Figaro évoque le parti communiste qui à l’époque aurait gonflé le chiffre à 100 000 et conclut que « selon certains historiens » ce serait « largement revu à la baisse » pour atteindre au total le nombre de 15 000. Le Monde avance quant à lui entre 20 000 et 30 000 victimes. Les trois quotidiens ont en vérité la même source : Jean Fremigacci, Maître de conférences à Paris I, Sorbonne.

On se souvient qu’en juin 2001, lors du colloque France et Afrique : répression des indépendances et décolonisation, organisé par l’association Aircrige, il suscita le scandale en attribuant le traumatisme des Malgaches non à la répression elle-même mais sur leur « désillusion romantique », ces derniers croyaient obtenir l’indépendance avec les croyances et les sagaies mais hélas ils se sont heurtés à la force de frappe des Français. Non sans provocation, il ajouta qu’au contraire cet épisode de l’histoire malgache a été bénéfique à la démographie du pays car on nota après les événements une augmentation du nombre de la population de l’île, comme si poussés par la crainte du massacre, les Malgaches se sont multipliés instinctivement.

Le même Fremigacci, qui dirige une équipe de recherches sur cette rébellion à l’Université d’Antananarivo, signe dans la revue Marianne [25/12/2004] un article dans la même lignée. Il y affirme que « dès le départ, l’insurrection du 29 mars 1947 fut vécue et mémorisée sur le mode du fantasme et de l’horreur » à l’image de cette affabulation sur « un chef de poste français dépecé vivant par un médecin ». Fantasme l’attaque de la garnison de Moramanga par les rebelles ? Fantasme la réplique sanglante des tirailleurs sur la même ville de Moramanga ? L’enquête historique, affirme Fremigacci, montre que « les Sénégalais déchaînés, au matin du 30 mars, n’étaient qu’une douzaine dans une petite ville évacuée dans la nuit par sa population », Fremigacci a-t-il oublié ses leçons d’histoire pour ignorer qu’un petit nombre d’assaillants est capable de semer la terreur et la mort ? Tout dans la phrase de Fremigacci montre une volonté de réduire cet épisode à un incident sans importance, voire inexistant : si la ville était effectivement évacuée par sa population, pourquoi parle-t-on de massacre ce jour-là ? À cause, comme il l’écrit, « de la terreur irraisonnée du tirailleur sénégalais » ? Il est vrai que les Malgaches n’ont aucune raison de craindre ces tirailleurs : ils n’ont jamais servi lors des pacifications menées par Galliéni et Lyautey, rasé les villages, fusillé les rebelles ; ils n’ont jamais accompagné le Commandant Gérard qui a mis à feu et à sang la ville d’Ambiky et massacré ses habitants en juin 1897, alors que Toera, le roi des Sakalava, avait pourtant accepté la défaite et s’était rendu avec ses hommes, roi et hommes qui furent égorgés pour l’exemple ; ils n’ont jamais servi l’autorité française, qui obligeaient les Malgaches aux travaux forcés au plus fort de la deuxième guerre, et plus encore, bien après, pour reconstruire la France détruite ; ils n’ont jamais obéi aux autorités françaises en procédant sur tout le territoire, dès les lendemains et les mois suivant l’insurrection, à l’exécution de milliers de responsables du MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache). Non ! Tout cela en fait n’est que « terreur irraisonnée du tirailleur sénégalais » et notre bon historien de rajouter que le psychanalyste Octave Mannoni avait déjà analysé tout cela quand, à l’époque, il était en poste à Tananarive [1]. Que dit donc Octave Mannoni à ce propos ? Il commence par raconter le rêve d’un enfant de treize ans poursuivi par des tirailleurs sénégalais brandissant leurs fusils, l’enfant s’échappe en devenant invisible, monte un escalier et trouve la porte de la maison. Mannoni interprète ce rêve en disant que « la signification sexuelle des fusils est évidente [...] le désir d’être invisible s’explique vraisemblablement par le fait que l’enfant a assisté à la « scène primitive »...

En quelques lignes tout est réglé, les cauchemars quotidiens des malgaches sont proprement évacués, l’arrivée des tirailleurs dans les villages ne signifie-t-elle pas promesse de brimades, enlèvement du père ou du frère aîné pour les travaux forcés ? Dans Mannoni, le tirailleur, en bon Nègre qu’il est, n’est qu’un symbole sexuel, que refoule le Malgache. Aucune possibilité n’est envisagée quant à considérer qu’il s’agit peut-être tout simplement des cauchemars engendrés par la vie quotidienne de l’homme colonisé !

La parole même du colonisé est réduite à rien face à la science de l’homme blanc, à sa connaissance, à ses moyens intellectuels qu’on sait bien supérieurs ! Les témoignages des rebelles et des survivants sont-ils dignes de foi ? Ne font-ils pas partie des simples rumeurs ? Eux qui sont pour la plupart des simples paysans, des analphabètes ? Est-on prêt à entendre leurs paroles ? On sait que les voix des victimes ne sont pas audibles, non pas parce qu’ils ne veulent pas parler mais parce qu’on ne veut pas les écouter, ce qu’ils racontent dépasse tellement l’entendement qu’on ne peut pas, on ne veut pas y croire.

Fremigacci rappelle que parmi les 44 condamnations à mort prononcées par les tribunaux militaires français, seules 8 furent exécutées et 16 sur les 160 des cours criminelles. Quelle mansuétude après les milliers d’exécutions sans procès aux lendemains de l’insurrection ! De plus ces hommes exécutés étaient-ils réellement coupables ? Tous ? Et si oui, de quoi ? De désir de liberté ? A-t-on jugé un seul criminel français sur ces événements ? Un de ceux, à Moramanga, qui ont donné l’ordre de tirer sur trois wagons plombés où sont enfermés 166 rebelles par exemple ? Non ! Les archives sont fermées parce qu’elles peuvent mettre en cause des personnalités vivant encore ! Et on accepte cette idée ! On dit que, bien sûr, c’est logique ! Il n’y a pas d’assassin, c’est le système colonial qui voulait cela, c’est l’histoire. En attendant, les pays colonisés peuvent se débattre dans leurs mémoires.

Fremigacci ne s’arrête pas là : en 1957, tous les condamnés de l’insurrection étaient libres ? Mais n’oublie-t-il pas que le système politique mise en place par le MDRM fut complètement rasé, les hommes qui le composaient torturés, assassinés, jetés aux chiens pour certains ? Ou serait-ce encore des rumeurs ? L’élite malgache fut proprement exterminée. Qui ne serait pas traumatisé pour moins que cela ? Notre historien n’hésite pas non plus à fustiger « l’ignorance des événements qui laisse champ libre aux rumeurs ; ignorance des enjeux réels, autant en métropole qu’au sein des partis politiques locaux, le parti des déshérités de Madagascar (Padesm) et le [...] MDRM ». Le MDRM aurait ignoré les enjeux réels de leurs luttes ? Toute cette population qui a voté massivement pour le MDRM aurait ignoré les enjeux réels de ce qui se passait dans l’île ? À savoir la liberté, l’indépendance, même s’il faut passer par l’autonomie au sein de l’Union française, comme le plaidaient les trois députés Ravoahangy, Raseta et Rabemananjara à l’Assemblée nationale française ? Il y a tant encore à se scandaliser dans l’article de Fremigacci que ce serait fastidieux de tout passer en revue ici. Mais, pour couronner le tout, un dernier mot sur ses évaluations sur le chiffre des victimes, celui de la répression d’abord : « le total n’atteint pas 10 000 morts », le reste « 20 000 à 30 000 est dû à la mort de misère physiologique - de malnutrition et de maladie - dans les zones refuges », c’est-à-dire dans la forêt de l’Est. Fremigacci écrit à propos de ces derniers : « Faut-il considérer tous ces morts comme victimes de massacres colonialistes ? À l’évidence non. » Traduction : si ces gens se sont réfugiés dans la forêt pendant des mois et ont péri dedans, c’est de leur faute ! Si l’occupant a brûlé les villages où ils s’approvisionnaient, brûlé les rizières où ils pouvaient s’alimenter, massacré les troupeaux qui pouvaient les nourrir, ce n’est pas un crime. Si les mitrailleuses des tirailleurs ou de la légion les attendaient à la lisière de la forêt, ça n’a eu aucune conséquence sur leur repli prolongé. S’ils ne voulaient pas se rendre, par orgueil, par liberté, s’ils ont préféré la mort au lieu de la servitude et de la colonisation, c’est qu’ils sont stupides. À l’évidence oui, ils étaient morts tous seuls, seuls au monde...

Respecter la mémoire. Maintenant, comme l’écrit Jacques Tronchon dans sa thèse [2] : « Le chiffre véritable ne sera sans doute jamais connu. Celui de 89 000, avoué par l’état-major français - chiffre fondé sur la différence négative trouvée entre le nombre d’habitants du quadrilatère d’insurrection avant et après les hostilités - est sans doute assez proche de la réalité. Mais que vaut le recensement effectué en 1949 [...] ? Prétendre comme beaucoup que le nombre des morts est bien supérieur à 100 000 est sans doute hasardeux ». N’en déplaise à Jean-Pierre Tuquoi du journal Le Monde, dans son article du 22 juillet, Jacques Tronchon n’a jamais repris cette estimation « comme parole d’évangile ». Il nous a juste fait comprendre qu’en 1947, on a tué sans compter à Madagascar. L’absence de chiffre précis montre justement le caractère indicible de ce massacre colonial.

Il appartient aux Français de regarder enfin en face la barbarie qu’ils ont semée et qu’ils continuent de semer dans les pays d’Afrique. Il appartient aux Malgaches et aux Africains d’effectuer leur travail de mémoire et de faire entendre enfin leur propre parole. Plus que les chiffres, il est difficile de trouver les mots exacts qui rendent compte de cet événement...

Jean-Luc Raharimanana

[1] Lire aussi, à propos de O. Mannoni, ce qu’en dit Frantz Fanon dans Peau noire et masques blancs, Seuil 1952.

[2] L’insurrection malgache de 1947, Karthala-Efa, 1986.

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