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Algérie : Les institutions internationales jugent l’Algérie

Publié le 1er octobre 2005 par Survie

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika et les institutions internationales nous rejouent depuis quelques mois cet épisode du cancre qui intercepte son bulletin et qui, à la mention « très mauvais élève » du directeur, rajoute avant de le remettre à son père : « mais quand même ça va ». Depuis 1992 et l’avènement des généraux algériens au premier plan du pouvoir, l’économie a pris un virage ultralibéral d’une barbarie inouïe. Pourtant, un récent rapport de l’institut américain Cato décrit l’économie algérienne comme « la moins libre du monde », classée 118ème sur 123 pays examinés. Il y a comme un bug là-dessous, que l’Institut Cato tente de minorer ensuite en indiquant que le pays « a une chance toutefois de voir ses performances s’améliorer dans les années à venir ». Depuis 1962, les Algériens vivent d’espoir et d’eau fraîche... L’espoir ne réside plus que du côté des rentiers de cette dictature. Quant à l’eau, elle est sur le point d’être mise sous la coupe du groupe Suez. Relance en pétard mouillé Bouteflika a lancé en 2001 un « plan de relance de l’économie » avec, parmi les nombreuses ambitions affichées, celle louable (divine surprise) de créer de l’emploi. Au bout du projet, entre 2001 et 2004, l’Algérie a compté 500 000 emplois... en moins, dans le seul secteur de l’industrie [Panapress-L’intelligent, 29/08]. Accessoirement, selon le Mouvement européen, l’Algérie compte « 60 % d’emplois précaires » [Liberté, 30/08]. Quant à la relance attendue, l’industrie algérienne a enregistré... « une baisse de 3 % au 1er trimestre 2005 » [Liberté, 29/08]. Milliards de mille sabords... en fond de cale Cinquante-cinq milliards de recettes miraculeuses sont venues remplir les caisses, et « 22 milliards en 7 mois en 2005 » [Le Jeune indépendant, 22/08]. Les Algériens pour leur part ne se sont jamais réveillés aussi pauvres. Seule nouveauté, l’opposition générale au projet de « Charte » de Bouteflika a permis à la presse d’oser enfin découvrir le sort des Algériens : « bidonville », « sinistres », « coupures d’électricité », « assassinat », « protestations », « émeutes », « manque », « emprisonnement », « épidémies »... Au demeurant, pris de panique par l’entrée massive d’argent due à la flambée du prix du pétrole, le Premier ministre algérien a dévoilé à la télévision son projet de loi de finances pour 2006 et 2007 : « Les recettes budgétaires prévisionnelles [sont faites] sur la base d’un baril de pétrole à... 19 dollars. » Pourquoi ? « Parce que je gouverne aujourd’hui avec un baril supérieur à 60 dollars, mais j’ai aussi gouverné avec le baril à 9 dollars en 1998... » explique fièrement Ahmed Ouyahia [El-Watan, 19/09]. Tout le monde sait que le pouvoir est tellement corrompu qu’il tape directement dans la caisse, mais le faire deux ans à l’avance, c’est tout de même assez inédit pour être signalé. Chapô les artistes !

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