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A FLEUR DE PRESSE : Centrafrique : Avec Bozizé, où va l’argent du peuple centrafricain ?

Publié le 1er septembre 2006 par Odile Tobner

Centrafrique-presse, Avec Bozizé, où va l’argent du peuple centrafricain ?, 17/08 : « Il n’ y a pas longtemps Centrafrique-Presse informait ses lecteurs de ce que Bozizé était en train, pour les nécessités de ses trafics mafieux et ses besoins militaires, d’acquérir aux États-Unis d’Amérique un vieil avion de type Hercules C 130 pour 5 765 049 millions USD, soit près de trois milliards de Fcfa. L’ambassadeur de Centrafrique à Washington, Emmanuel Touaboy, n’arrête pas d’effectuer coûteusement et régulièrement plusieurs voyages, non seulement à l’intérieur des USA mais aussi plusieurs allers-retours Washington - Paris - Bangui. [...] Un colonel de l’armée tchadienne se trouve présentement aux USA pour prendre les commandes de l’appareil et le ramener à Bangui. [...] Comment Bozizé peut-il sérieusement convaincre ses compatriotes, fonctionnaires, retraités et étudiants de continuer à se serrer la ceinture, parce qu’il n’y a pas d’argent pour payer leurs droits, et qu’au même moment le directeur général du trésor émette des ordres de virement de plusieurs centaines de millions de Fcfa pour l’acquisition d’un vieil avion ! ? Comment les partenaires au développement (le PNUD, l’Union européenne, la France, la Chine, les USA, les pays de la CEMAC etc.), qui ne cessent de faire pleuvoir des milliards de Fcfa, peuvent-ils croire à la sincérité des discours de mendiant de Bozizé, alors qu’il fait sortir des caisses du trésor public des milliards de Fcfa pour acheter un vieil appareil pour ses propres et obscurs besoins guerriers et mafieux ! ? Que dira la délégation des institutions de Bretton Woods qui séjourne actuellement à Bangui ? Elle ne peut pas ne pas demander quelques comptes et explications au Premier ministre, Elie Doté, à son ministre des Finances et du budget, Théodore Dabanga, ainsi qu’au directeur général du trésor, Mahamat Kamoun, au sujet de tous ces milliards de Fcfa qui quittent Bangui pour traverser l’Atlantique. »

Bozizé sait qu’il peut adopter impunément le comportement de ce que Centrafrique presse appelle “la folie d’un dictateur”. Rien ne lui arrivera. Il a été mis là pour garantir les affaires et la politique françaises (cf salve Centrafrique ). Quant à la Banque mondiale, elle ne peut que se réjouir que les milliards donnés retournent à leur point de départ. C’est la règle du jeu n’est-ce pas ? Les grands perdants, les Centrafricains, peuvent croupir dans la misère. Au besoin, s’ils se rebiffent, on les convaincra par les armes.

Odile Tobner

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