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Tchad : Bruits de bottes au Tchad, Le Tchad à un tournant ?

Publié le 1er octobre 2006 par Sharon Courtoux

L’armée tchadienne est engagée dans divers combats contre des groupes rebelles (divisés certes, mais certaines ententes pourrait apparaître à l’horizon) dans l’est du pays. Les forces tchadiennes en auraient pris l’initiative, à l’encontre du FUC de Mahamat Nour dans les montagnes d’Aram Kolé, du Rafd des frères Erdimi entre Guéréda et Adré, ou dans la région de Moudeïna où se trouve l’Union des forces pour le progrès (UFPD) de Mahamat Nouri. [1] La France, accusée par ces groupes rebelles d’avoir effectué des bombardements et d’une offensive terrestre en soutien des forces gouvernementales, répond, par la voix du ministère de la Défense, que son assistance reste limitée aux domaines du transport, de la santé et de l’échange d’information. Il n’est pas facile de désembrouiller les rumeurs, les assertions, et aussi certaines informations vérifiées mais incomplètes, dans le contexte tchadien du moment. Certains groupes politico-militaires seraient-ils en phase de concertation afin de renverser Déby, quitte à se renverser mutuellement par la suite ? Nous n’avons pas la réponse à cette question, mais elle est incontournable. Et elle maintient à l’ordre du jour l’indispensable dialogue inclusif des politico-militaires, puis l’organisation d’élections législatives et présidentielles, réclamés par l’opposition politique et la société civile tchadienne. Et la France dans ce contexte ? Plus d’une source, certaines crédibles, affirment que " la France " cherche (plus) activement (que jamais) une " solution " pouvant se substituer à un éventuel effacement d’Idriss Déby. Quitte à consentir à un tel effacement afin d’orienter le choix de l’effaceur ? D’aucuns affirment que notre pays aurait été séduit (un temps, révolu ?) par les qualités d’un " pire que Déby " (Nouri pour ne pas le nommer). Quoiqu’il en soit, notre pays serait toujours aussi peu enthousiaste devant les exigences de l’opposition politique et de la société civile mentionnées plus haut. Quelle aberration, pourtant, d’en rester à ce point mort juché au bord de l’abîme, dans lequel le sort du peuple tchadien n’a aucune chance de s’améliorer, et dans lequel les inévitables manieurs de kalachnikovs sont poussés au pire.

Sharon Courtoux

[1] Mahamat Nouri, ancien compagnon de route de Hissen Habré, puis longtemps ministre de la défense sous Idriss Déby, a récemment quitté son poste d’ambassadeur en Arabie Saoudite pour prendre le maquis dans l’intention de renverser le « président » tchadien. Parmi les fossoyeurs du Tchad, il tient un place importante.

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