Cameroun : Guerre du Liban : dégâts collatéraux au Cameroun
Début septembre le colonel François Ebanga, commandant la brigade du Quartier Général de l’armée camerounaise, secondé par le capitaine Martin Nsomo Mvomo, commandant la compagnie de protection de l’aéroport de Nsimalen, a cru bon de faire une conférence devant des cadres de l’armée sur " Les leçons à tirer des confrontations entre Tsahal et le Hezbollah libanais ". S’en tenant à une recension des divers commentaires publiés ici ou là dans la presse internationale, il aurait, selon le journal gouvernemental Cameroon Tribune, exposé que le Hezbollah, bien entraîné, a tenu tête à l’armée israélienne, tandis que l’état-major de celle-ci aurait fait preuve de précipitation et de manque de renseignements, échouant à libérer les deux soldats israéliens, dont l’enlèvement était le prétexte à l’offensive. Le 21 septembre le colonel Ebanga s’est vu muter au poste de commandant en second des forces terrestres de la 2nde région militaire à Douala, ce qui, de toute évidence n’est pas une promotion. Selon les rumeurs qui courent dans l’armée, la conférence qu’il a tenue aurait été considérée comme une provocation à l’égard de la garde présidentielle, dont l’encadrement est assuré par des experts militaires israéliens. Quelle idée aussi de commenter l’actualité des conflits, comme si les officiers de l’armée camerounaise avaient besoin de réfléchir ! Ce n’est pas ce qu’on leur demande. Dans le cadre de Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), les Français, qui ont conçu et mis en œuvre le dispositif, le font pour eux ; et le président du Cameroun, qui tient à son siège, se garde bien de se faire protéger par l’armée nationale, pourtant noyautée par ses frères Beti et Bulu. Deux précautions valent mieux qu’une.
Odile Tobner
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