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Cote d’Ivoire : Firmin Mahé, un mort bien emcombrant pour l’armée française.

Publié le 1er mai 2007 par Pierre Caminade

L’affaire Mahé rebondit
in jeuneafrique.com, le 15 avril 2007

"Deux ans après les faits, l’affaire Firmin Mahé - du nom de ce présumé coupeur de route ivoirien mort étouffé le 13 mai 2005 entre les mains de soldats français de l’opération Licorne - demeure une "patate chaude" dont le ministère de la Défense aimerait bien se débarasser au plus vite. Reste que le Tribunal aux Armées de Paris (TAP) a d’ores et déjà débouché sur cinq mises en examen, dont celles du général Poncet et du colonel Burgaud, et que leur procès devrait s’ouvrir début 2008. C’est dans cette perspective que l’état-major français en Côte-d’Ivoire a, selon nos informations, secrètement procédé en novembre 2006 à l’exfiltration vers la France d’une certaine Adèle Dito, maire adjointe de Bangolo (la préfecture d’où était originaire Firmin Mahé) et témoin à décharge potentiel en faveur des militaires français. Proche de l’adjudant-chef Raugel, l’un des mis en examen accusé d’avoir lui-même enfilé un sac plastique sur la tête de la victime pour l’étouffer, Dito a en effet toujours soutenu que Firmin Mahé était un dangeureux bandit de grand chemin "

Un témoin miracle pour l’armée
in Le Canard Enchaîné, le 25 avril

"Le problème, c’est qu’Adèle Dito, interrogée par la juge sur la personnalité de Mahé, a expliqué dans son audition, le 21 novembre, qu’elle ne connaissait pas "l’identité exacte de cette personne", qu’elle ne l’a "jamais vue physiquement" mais que, "d’après des rumeurs", c’était un bien mauvais garçon."

Ce rapport de supposées rumeurs peut rappeler "l’excuse" de la confusion entre ce Mahé et un homonyme, coupeur de route. Tous les autres villageois considèrent que Mahé ne causait aucun trouble. Ce témoignage bancal paie bien mal une exfiltration et un visa obtenu dans des conditions de facilité hors norme, en contradiction avec les règles régissant actuellement les conditions de séjour prolongé des étrangers et qui sont appliquées scrupuleusement à certains hommes d’affaires ivoiriens. Nos militaires et une partie de notre administration semblent en tout cas penser que si le TAP est convaincu que la victime était un voyou, il trouvera naturel que nos bidasses l’aient assassiné, sur ordre d’un général Poncet qui a rendu de si fiers services, notamment au Rwanda en 1994 en commandant les COS.

Pierre Caminade

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