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Billets d'Afrique 166 - Février 2008

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Au sommaire de ce numéro

- RDC Goma accouche d’une petite Espérance

Les groupes armés congolais en confl it dans le Kivu ont signé un acte d’engagement par lequel ils déclarent solennellement déposer les armes. Tout reste à faire.

- AFRIQUE DES GRANDS LACS Les 3 K : Kouchner, Kinshasa, Kigali

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a rencontré le président congolais Joseph Kabila à Kinshasa le vendredi 5 janvier avant de se rendre à Kigali où il a rencontré le président rwandais Paul Kagame.

- NIGER Un avenir radieux et irradié

Alors que la rébellion touareg veut lancer la “bataille de l’uranium”, Areva vient de conclure un nouvel accord avec l’État nigérien.

- FRANCE Bockel sort ses griffes

Le secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie a fait sensation en déclarant le 15 janvier vouloir signer « l’acte de décès de la françafrique ».

- TCHAD-CENTRAFRIQUE Soigner le mal par le mal

À tous ceux qui reprochaient à l’Eufor en préparation de vouloir servir les intérêts françafricains sous couverture européenne, la France aura fi nalement répondu en renforçant la composante française.

- CENTRAFRIQUE Les fils dans la forêt

Comment les rejetons des présidents camerounais et centrafricains se vont vu attribuer des permis forestiers alors qu’ils sont impliqués dans le scandale de l’exploitation illégale des ressources forestières.

- FRANCE Vive la coloniale !

Nicolas Sarkozy souhaite commémorer le trentième anniversaire de l’opération de Kolwezi

- « Un mercenaire français blanchi »
- Trafic de diamants
- « Le patrimoine des chefs d’État africains en France »

Édito

Espoir d’embellies

Depuis une dizaine d’années, l’est de la république du Congo est le théâtre des exactions, des guerres et des massacres les plus atroces. Selon Human Rights Watch (HRW), toutes les armées, l’armée congolaise et les armées et milices ethniques, ont violé les droits des civils congolais, pratiquant meurtres, actes de violence sexuelle, déplacements forcés, vols, extorsions et destructions des biens.

Selon une enquête de l’International Rescue Committee (IRC), le conflit et la crise humanitaire en République démocratique du Congo ont coûté la vie à 5,4 millions de personnes depuis 1998 et continuent de tuer 45 000 personnes chaque mois. Si la population totale du Congo est estimée à plus de 62 millions d’habitants, l’essentiel de cette surmortalité affecte les provinces de l’Est. Il faut rapprocher ces chiffres de la population estimée dans l’Est du Congo, 2 millions en Ituri, 3,5 millions au Nord Kivu, 3 millions au Sud Kivu. Une part considérable de la population de ces régions aurait donc disparu. Si on y ajoute le nombre des déplacés estimé, à l’intérieur du Congo, à 1,7 million, sans compter tous ceux qui se sont réfugiés dans les pays voisins, on a le tableau apocalyptique du plus grand désastre humanitaire contemporain, qui s’est déroulé dans l’indifférence du monde pour la raison principale que les intérêts des grandes puissances n’étaient pas en danger. Pendant les massacres, les affaires continuent. Le pillage traditionnel des métaux rares et précieux dont le Congo abonde, loin de cesser a été amplifié par la guerre comme source de revenus pour tous les belligérants.

Après un premier accord de paix en 2002, une recrudescence de violences a marqué 2006 et 2007. Au terme d’une conférence tenue à Goma du 6 au 23 janvier (page 2), un engagement a été signé par les groupes rebelles congolais pour un cessez-le-feu. Un mince espoir s’est donc levé, mais les plaies humaines matérielles et sociales seront longues à guérir. Comment vont cohabiter ceux que tant de crimes et de haines ont opposé ? Les évêques congolais ont mis en garde contre un accord qui assurerait l’impunité des crimes commis. La clause d’amnistie, âprement disputée, a été réduite aux faits de rébellion armée. Les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide en ont été exclus.

Dans un autre registre, la surprise agréable est venue, en France, le 15 janvier, d’un discours inattendu du secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel, qui énonçait rien moins que la volonté de « signer l’acte de décès de la Françafrique »(page 5). Cette importante déclaration constitue en soi une rupture puisque jamais auparavant le terme de « Françafrique  » n’a été prononcé par aucun responsable politique français en fonction. La politique africaine de la France serait-elle à un tournant ? On espère que cette hardiesse, non seulement ne sera pas désavouée, mais se prolongera en actes signifi catifs. Bockel a-t-il la carrure d’un Hercule pour nettoyer les écuries d’Augias  ? On l’espère fermement.


166 - Février 2008
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