Survie

Pierre Péan persiste et signe

(mis en ligne le 1er octobre 2008) - Sharon Courtoux

Le mardi 23 septembre s’est ouvert, à la 17ème chambre du Tribunal de grande instance de Paris, le procès intenté par SOS racisme contre l’écrivain Pierre Péan pour incitation à la discrimination raciale.

Dans sa déclaration préliminaire, fidèle à ses écrits, Péan affrme que le Rwanda est caractérisé par une « culture du mensonge », « une évidence » même.

Dans ce long prologue, il ajoute : « Enquêter au Rwanda relève du pari impossible, tant le mensonge et la dissimulation ont été élevés par les vainqueurs (Tutsi) au rang des arts majeurs ». Puis il insiste sur le « témoignage » d’Antoine Nyetera sur « Le mythe tutsi et son infuence sur la culture du mensonge et de la violence au Rwanda ». Pierre Péan ne connaît pas les Rwandais, Tutsi, Hutu ou Twa, ni peut-être d’ailleurs les hommes d’où qu’ils viennent, tous aussi capables de mentir et de dire vrai quelque soit leur lieu d’origine. Tous aussi capables de violence aussi. Ne connaît-il pas l’histoire, de France en particulier ? N’a-t-il jamais rencontré un français qui mente ou entendu des mensonges proférés par les autorités du globe, notamment françaises ?

A l’issue du procès, le procureur, Anne de Fontette, a requis une condamnation et la publication du jugement. Au fond, peu importe, celui qui a écrit que « La culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsi, et dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutu » s’est condamné lui même. Il serait quand même salutaire que sa condamnation indique aux familles des victimes du génocide que la justice française s’indigne d’une telle stigmatisation d’un groupe humain.

Sharon Courtoux.

#GénocideDesTutsis 30 ans déjà
Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 173 - Octobre 2008
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