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Une justice à deux vitesses

Publié le 1er avril 2009

L’ancien ministre nigérian du pétrole Dan Etete (1995 à 1998) sous le régime du général Sani Abacha a été condamné, le 18 mars, par la cour d’appel de Paris à huit millions d’euros d’amende pour blanchiment aggravé, échappant cependant aux trois ans de prison ferme auxquels il avait été condamné en première instance. Lors de l’audience en appel, les avocats de l’ancien ministre n’ont pas contesté les faits de corruption. Ils avaient tranquillement estimé qu’il ne pouvait y avoir de délit puisqu’à l’époque, le principe du commissionnement des dirigeants d’Etats africains était parfaitement toléré, voire encouragé ! En outre, le délit de « corruption d’agent public étranger » n’existe en France que depuis 2000. Or, les faits reprochés à Dan Etete sont antérieurs à cette date.
Une ligne de défense faiblarde qui n’a pas empêché l’ancien ministre, jugé en son absence, d’être reconnu coupable d’avoir blanchi des fonds provenant de commissions versées notamment par Elf dans les années 1990 pour obtenir des marchés pétroliers.
Dan Etete était accusé d’avoir investi en France, en 1999 et 2000, ces fonds d’origine frauduleuse estimés à 15 millions d’euros grâce auxquels il avait acquis un ensemble de biens immobiliers : un appartement à Paris, un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine ou encore un château dans le nord-ouest de la France. Comme Sassou ou Bongo.
Au côté de l’ancien ministre comparaissait également l’homme d’affaires français Richard Granier-Deferre. Jugé coupable de « complicité de blanchiment  », il a été condamné à trois millions d’euros d’amende. Elf devenu Total n’a pas été inquiété.

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