Le code Biya : au pilon !

Publié le 1er juillet 2009 par Emmanuel Afiri

C’est le sort que mérite cet ouvrage, Le Code Biya, commis récemment par l’ancien directeur de la rédaction de France-Soir, François Mattei. Si la situation générale du Cameroun n’était pas aussi désastreuse après vingt-huit ans de règne sans partage de Paul Biya, on pourrait sourire du contenu de cet ouvrage tout à la gloire du président camerounais. Une commande où François Mattei multiplie les éloges façon Pravda.

Sous sa plume trempée dans le meilleur et le plus cher des miels, la sagesse se fait chair et s’incarne dans un homme : « Paul Biya n’a pas eu besoin de prendre de l’âge pour accéder à la claire conscience des responsabilités, à la maturité, à la sagesse. Enfant et adolescent, a-t-il jamais été « jeune », au sens où on l’entend ? Il fut toujours attentif à ne rien faire qui ne soit, en pensée ou en actes, parfaitement pesé, équilibré. Le chemin parcouru, les obstacles surmontés, et le bonheur retrouvé lui donnent enfin la possibilité d’atteindre à la vraie jeunesse : celle des esprits libres. Il ne connaît ni la fatigue, ni la lassitude, ni la routine des horaires. (…) Se présider avant de présider les autres , telle pourrait être la devise de Paul Biya. »

Paul Biya est donc doté d’une sagesse extraordinaire (comme Bongo) et des qualités inhérentes aux grands esprits. Qui plus est, en dépit de ses 76 ans, il aurait conservé la robustesse de son adolescence. Jeune, il était vieux, vieux, il redevient jeune.

Il ne reste plus qu’à demander à ces sujets du prince de lui accorder un énième « mandat » en 2011, et pour l’éternité. Mattei a rencontré le Messie en personne : « Ma journée se déroule de manière à ce que je puisse considérer à chaque instant, non seulement que je remplis mon devoir, mais aussi et surtout que j’apporte une réponse de bon augure à la question : « Quel Cameroun, voulons-nous pour nos enfants ?  » (…) Mon épouse et mes enfants savent qu’il n’y a pas plus grand bonheur que de servir le Cameroun et de rendre les Camerounais heureux. Ils savent que notre famille, c’est le Cameroun. En me consacrant au Cameroun, c’est aussi à eux que je me consacre. »

Un messie fainéant connaissant mieux les parcours de golf que le Conseil des ministres et dont la fortune est proportionnelle à la misère des Camerounais.

Mais Paul Biya est aussi sage que généreux avec qui sait le flatter.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 182 - Juillet 2009. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
Dans la même rubrique
S'abonner à la newsletter