Mauvais genre

Publié le 3 septembre 2009

Un nouveau rapport de Human Rights Watch (« Tchad, le risque du retour. Rapatriement des personnes déplacées dans le contexte du conflit dans l’est du Tchad ») s’est penché sur les limites et les carences des missions EUFOR et MINURCAT au Tchad dans la protection et l’aide au retour des populations déplacées. Alors que « la résolution 1861du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en janvier 2009 » est censée permettre « davantage de liberté d’action pour la protection des civils dans les zones frontalières », l’ONG observe que « cela reste difficile pour les forces internationales d’opérer dans la zone frontalière », et rapporte les faits suivants, qu’elle tient d’une « communication confidentielle » d’un « fonctionnaire de l’EUFOR » et qui avaient été tenus secrets : «  Le 9 février 2009, des unités de la GNNT [Garde nationale et nomade du Tchad, branche des services de sécurité responsable des zones rurales] ont ouvert le feu sur une patrouille de l’EUFOR près de Birak, dans la région d’Ouadi Fira au nord-est d’Abéché, obligeant la force à cesser les patrouilles le long de la frontière.

Deux jours plus tard, des soldats de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT) ont effectué des tirs de sommation sur une patrouille de l’EUFOR dans la région de Dogdoré à l’est de Goz Beida, l’empêchant aussi de s’approcher de la frontière. ». Précisons que les différentes composantes de l’armée tchadienne étaient censées faciliter la mission officielle de l’Eufor de protection des civils. Les patrouilles canardées n’étaient vraisemblablement pas composées de soldats français, car la Garde nationale et nomade du Tchad a été récemment reformée précisément grâce à l’aide précieuse de la coopération militaire française. Que ce rejeton de l’armée française tire sur la force internationale difficilement mise en place par la France, voilà qui faisait sans doute trop mauvais genre pour laisser filtrer l’information…

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 183 - Septembre 2009. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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