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Sarkozy : un avis de spécialiste

Publié le 3 novembre 2009 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le président français a demandé au président tchadien que les élections législatives prévues en 2010 au Tchad soient « irréprochables ». Comme au Gabon ?

Vu le passif d’Idriss Déby en la matière, il faut bien sûr comprendre « sans trop de fraudes visibles ». Il a aussi assuré que la France resterait aux côtés du Tchad « sur le chemin de la paix, de la démocratie et du développement ». Car Nicolas Sarkozy ne s’est tout de même pas compromis en réclamant la fin de l’impunité au Tchad. Il n’a pas non plus réclamé que la lumière soit faite sur le sort des opposants disparus comme Ibni Mahamat Saleh. Une Commission d’enquête avait pourtant clairement établi la responsabilité de la garde présidentielle tchadienne dans son assassinat.

Par ailleurs, Sarkozy a réitéré le soutien de Paris au dialogue politique intertchadien lancé par l’accord du 13 août 2007. Il « a salué les efforts des autorités tchadiennes au cours des derniers mois » pour mettre en oeuvre cet accord. Cette mise en oeuvre comprend notamment un recensement démographique et électoral, l’adoption d’un code électoral et d’un statut de l’opposition et la mise en place d’une commission nationale électorale indépendante.

Les belles paroles de Sarko prennent tout leur sens alors que Michel Barka, président de l’Union syndicale du Tchad (UST) faisait l’objet d’une tentative d’assassinat trois jours plus tôt. Pour Déby, un bon opposant est un opposant mort. Il faut simplement s’accorder sur ce qu’est un statut de l’opposition. Le 23 octobre, les intimidations envers Massalabaye Tenebaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH), se poursuivaient.

Le 26 octobre, Bertin Djim-Ambingam, journaliste à la radio Arc en ciel et membre du Comité d’orientation, de stratégie et d’analyse politique (COSAP) a été agressé à la suite d’une de ses émissions traitant de bonne gouvernance. Déby a bien compris que les déclarations de Sarkozy étaient pour la galerie. Nous aussi.

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