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Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry, victime d’une guérilla judiciaire

Publié le 1er janvier 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry, auteur du livre sur le génocide rwandais intitulé « Complices de l’inavouable, la France au Rwanda », a été relaxé, le 11 décembre, par le tribunal correctionnel de Paris, devant lequel il était poursuivi en diffamation par le colonel Jacques Hogard qui avait commandé un détachement de la Légion étrangère dans le sud du Rwanda. Publié en 2004 sous le titre « L’inavouable, la France au Rwanda », l’ouvrage a été réédité en mars 2009 sous un nouveau titre et augmenté d’une introduction inédite. Sur la page de couverture figurent autour du titre les noms de nombreuses personnalités, parmi lesquelles des responsables politiques (François Mitterrand, Dominique de Villepin, Hubert Védrine...), des militaires de haut rang, le juge Bruguière ou encore les banques Crédit lyonnais et BNP. Une bonne partie des personnalités citées, estimant être taxées de « complices » du génocide, ont assigné le journaliste et son éditeur en diffamation dans plusieurs villes de France.

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P. de Saint-Exupéry : « En 2004, lors de la publication de « L’Inavouable », j’étais en colère. Je le reste aujourd’hui et le resterai peut-être. Simple Français, je ne peux accepter – comme beaucoup, je pense – de servir de paravent à des hommes qui, après avoir aspiré aux charges, esquivent les responsabilités. Et refusent d’admettre, en propre, leur part d’inavouable. »

Le procès intenté par le colonel Jacques Hogard était le premier d’entre eux.

Celui-ci faisait valoir que le rapprochement entre le titre et son nom lui imputait « explicitement d’être le complice du génocide survenu au Rwanda en 1994 ». Le tribunal l’a justement débouté en estimant que la faute « inavouable » à laquelle le militaire était associé n’était « ni nommée ni qualifiée en page de couverture ». « L’auteur n’insinue nulle part qu’il y ait eu une compromission délibérée des forces françaises lors du génocide.  » (AFP, 11 décembre).

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