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Trop de Rocard peut nuire à la santé

Publié le 14 mars 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

« Le chef de l’Etat camerounais, de retour de Mvomeka’a, son village natal, a failli faire un accident de la circulation au niveau du quartier Mvan, entre le carrefour Tropicana et le carrefour Mvan. L’une des roues de son véhicule s’est crevée. Le chef de l’Etat a dû changer de véhicule et quitter les lieux à une vitesse très élevée. Le chef de l’Etat, Paul Biya, venait de recevoir en audience Michel Rocard, ancien Premier ministre français. Juste après cette audience, Paul Biya est immédiatement retourné dans son village. » (cameroun-online.com)

Cela se passait le jeudi 18 février vers 11 heures 30. Pas de bol, revenant à Yaoundé le lundi 22 février les deux motards de tête du cortège présidentiel, qui roulait comme d’habitude à très vive allure, se sont emplafonnés dans un camion en panne à l’arrêt dans un virage, risquant de provoquer le carambolage du cortège. L’accident s’est passé au lieu dit « Zamakoë » environ à mi-chemin entre Mbalmayo et Yaoundé. « Zamakwé » est le nom que Mongo Beti a donné au héros, dit « Zam », journaliste, de ses deux derniers romans Trop de soleil tue l’amour et Branle-bas en noir et blanc. L’auteur aurait beaucoup apprécié cette coïncidence.

Pour que Biya s’arrache en pleine semaine aux délices de Mvomeka’a pour accorder à Michel Rocard « une audience privée au cours de laquelle le président de la République et son hôte ont abordé des sujets d’intérêt commun », il fallait un motif de première importance. On sait que Rocard conseille Biya. Il n’est guère gêné par les fantaisies constitutionnelles de son client, ni par sa fâcheuse propension à faire tirer sur les Camerounais récalcitrants et à embastiller les journalistes et les artistes insolents, comme Jean-Bosco Talla ou Lapiro de Mbanga. Comme auraient dit son maître Mitterrand et son copain Mobutu : « en Afrique tout cela n’a pas beaucoup d’importance. »

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