Billets d'Afrique 190 - Avril 2010
Au sommaire de ce numéro
Édito
Diplomatie, business et dictatures - Economie de traiteÀ lire, à voir
- Tchad - Un éclairage tchadien /B_post>
- COS - Une histoire (officielle) des forces spéciales /B_post>
Salves
- Élections - La présidentielle du 4 mars ou comment l’histoire électorale bégaie /B_post>
- Niger - Niger : Un eldorado minier si instable /B_post>
- Bolloré - Bolloré, entreprise philantropique ? /B_post>
- Mauritanie - La stratégie de la tension /B_post>
- Jacques Toubon - Le poisson d’avril françafricain de Jacques Toubon /B_post>
Brèves d’Afrique et d’ailleurs
- Criminalité financière - La fin des affaires /B_post>
- COS - Le choix de la barbouzerie ? /B_post>
- Multinationales - Larmes de crocodiles /B_post>
- République Démocratique du Congo - Aide désintéressée /B_post>
- République Démocratique du Congo - Sans états d’âme /B_post>
- André Parant - Savoir-faire familial /B_post>
- Centrafrique - L’Elysée, cour constitutionnelle de la Centrafrique ? /B_post>
- Canada - SLAPP again ! /B_post>
- Tchad - Réveil parlementaire /B_post>
- Bolloré - Accaparement des terres ? /B_post>
- Afrique du Sud - Cinquantenaire /B_post>
Édito
Economie de traite
Selon un rapport [1] de l’ONG américaine Global Financial Integrity, l’Afrique a perdu, en quarante ans, plus de 1 800 milliards de dollars. Ce montant vient pour environ 5 % de la corruption des gouvernements, pour 30 % des différents trafics, drogue, armes etc. et pour 65 % de l’évasion fiscale des societés multinationales.
Ce flux massif d’argent illicite se fait en direction des institutions financières occidentales. Il est favorisé par un système financier global opaque comprenant les paradis fiscaux et judiciaires, les sociétés fictives, les comptes bancaires anonymes, les fausses fondations, les techniques de trucage commercial et de blanchiment de capitaux. Ce flux déjà important dans les années 1970 a explosé à partir de 2000. On peut y voir la conséquence des privatisations qui ont vu arriver les multinationales occidentales dans les secteurs clés de l’eau, de l’énergie et des transports. Avec celles qui, traditionnellement exploitaient les richesses du sol et du sous-sol, le contrôle de l’économie est, en beaucoup d’endroits, totalement étranger à l’Afrique.
Le montant de ces pertes est trois fois supérieur à celui de la dette et aurait donc suffi en plus à lutter contre la pauvreté et développer l’économie des pays concernés situés en quasi totalité au sud du Sahara. Il rend dérisoires les aides, dont les politiques et les médias nous rebattent les oreilles, puisque pour un dollar apporté, dix sont exportés.
Ce phénomène essentiel ne fait l’objet ni de publicité ni d’études, alors qu’on est inondé de discours prétentieusement suffisants sur les maux dont souffre l’Afrique et que tous les Diafoirus de l’expertise médiaticopolitique se précipitent pour vendre leurs pseudo-services à des gouvernements d’incapables.
On comprend d’ailleurs le soutien indéfectible dont bénéficient ces gouvernements. Le coût de leur corruption est modeste comparé à la manne que leur incurie complice permet de soutirer à des peuples exsangues. On comprend aussi qu’aucun changement politique ne peut s’instaurer sans la bénédiction des bénéficiaires d’un système aussi providentiel.
On comprend aussi hélas les guerres inexpiables dont le feu est attisé par les intérêts en jeu dans les zones les plus convoitées comme le Soudan ou le Congo et bien ailleurs.
La nouvelle donne internationale fait qu’il y a maintenant, après un demi-siècle béni de néocolonialisme triomphant, une concurrence des prédateurs avec les puissances dites émergentes. On y gagne une lumière crue répandue sur les appétits. Les élites africaines corrompues lorgnent vers de nouveaux amis et pèsent les avantages respectifs de leurs courtisans. Pour l’instant le contrôle des armes est déterminant, et la France, présentée comme partante par des analystes intéressés à sauvegarder un certain camouflage stratégique, conserve la haute main sur ce secteur : pas de visas pour le gros des étudiants africains candidats à une instruction qui manque cruellement sur place, mais les militaires sont les bienvenus en France à tous les niveaux de formation et les conseillers militaires français hantent les palais présidentiels.
Il faut bien assurer la défense du nerf de la guerre.
Odile Tobner
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- jui24 Paris la colonisation dans l'histoire nationale française
- jui28 Namur Université d'été du CADTM
- jui29 Argelès-sur-Mer fête de l'hebdomadaire "le Travailleur Catalan"
Publications
4 pages "Areva en Afrique" par ,
Areva en Afrique par
Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale par
Petit guide de la Françafrique par
- 388/813 Cameroun
- 567/813 Tchad
- 483/813 Complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda
- 271/813 Paradis Fiscaux et Judiciaires
- 744/813 Rwanda
- 150/813 Affaire Elf
- 178/813 Afrique
- 123/813 Aide Publique au Développement
- 112/813 Algérie
- 149/813 Angolagate
- 142/813 Areva
- 242/813 Armée française
- 139/813 Assassinat du juge Borrel
- 446/813 Élections
- 209/813 Biens mal acquis
- 100/813 BNP Paribas
- 183/813 Bolloré
- 142/813 Burkina Faso
- 271/813 Côte d’Ivoire
- 131/813 Censure/Liberté d’expression
- 129/813 Centrafrique
- 161/813 Colonisation
- 121/813 Comores
- 158/813 Conflit armé
- 411/813 Congo Brazzaville
- 282/813 Coopération militaire
- 102/813 CPI (Cour Pénale Internationale)
- 107/813 Crimes contre l’humanité
- 118/813 Criminalité financière
- 157/813 Darfour
- 214/813 Denis Sassou Nguesso
- 101/813 Dette
- 421/813 Dictateurs (Amis de la France)
- 120/813 Diplomatie, business et dictatures
- 166/813 Djibouti
- 183/813 Droits humains
- 102/813 Faure Gnassingbé
- 813/813 Françafrique
- 560/813 France
- 249/813 Gabon
- 407/813 Génocide
- 121/813 Guinée Conakry
- 313/813 Idriss Déby
- 232/813 Impunité
- 308/813 Jacques Chirac
- 375/813 Justice
- 143/813 Mafiafrique
- 121/813 Mali
- 118/813 Mauritanie
- 273/813 Médias / Communication
- 230/813 Mercenariat
- 164/813 Multinationales
- 336/813 Nicolas Sarkozy
- 162/813 Niger
- 140/813 Omar Bongo
- 153/813 Organisation des Nations Unies
- 172/813 Patrick Balkany
- 280/813 Pétrole
- 270/813 Pillages des ressources
- 106/813 Population victime
- 124/813 Racisme
- 147/813 Répression
- 249/813 République Démocratique du Congo
- 151/813 Soudan
- 428/813 Togo
- 108/813 Total Fina Elf
- 104/813 Ventes d’armes


L’Or noir du Nigeria