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Tchad : un culot « sans faille »

Publié le 25 juillet 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Dans un communiqué du 25 juin, le quai d’Orsay « se félicite de la décision prise par les autorités tchadiennes d’ouvrir le comité de suivi de l’enquête sur la disparition d’Ibni Oumar Saleh aux experts internationaux. » Le comité de suivi, créé pour enterrer les démarches judiciaires qui auraient dû découler du rapport de la commission d’enquête tchadienne, laquelle pointait implicitement la responsabilité de la présidence tchadienne, a déjà presque deux ans d’existence, et en l’occurrence, difficile de penser qu’il vaut mieux tard que jamais...

Et on croit rêver quand le quai d’Orsay affirme : « La France avait immédiatement appelé à ce que tous les moyens soient mobilisés pour qu’il soit retrouvé et à la création d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur sa disparition et sur les événements de février 2008. »

Passons sur le fait que les militaires français sont sans doute les premiers à connaître la vérité, après les exécutants et le commanditaire de cette « disparition », et sur le fait que plusieurs sources affirment que c’est sur la base des écoutes militaires françaises que les opposants tchadiens avaient été arrêtés le 3 février 2008. Rappelons simplement que M. Morin, alerté le jour même de ces disparitions par différentes ONG, et sans doute déjà au fait de la situation, se contentait de demander, le lendemain sur RFI, le temps « d’observer les choses tranquillement », affirmant se méfier « des rumeurs ».

Le 5 février, il posait tout sourire aux côtés du dictateur tchadien qu’il assurait de son soutien « sans faille ». Ce dernier ne niait d’ailleurs pas les arrestations d’opposants, mais les qualifiait de « détails » dont il n’avait que faire. Et il a fallu une bonne semaine, alors que la presse française commençait à s’émouvoir du sort de l’opposition tchadienne, et que l’Union européenne demandait la « libération immédiate » des opposants, pour que la France se contente de demander des « clarifications » sur les « motifs » de leur emprisonnement, et « sur les procédures judiciaires dont les autorités tchadiennes pensent qu’elles leur sont applicables ».

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