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Compaoré « rectifie » la Constitution

Publié le 9 septembre 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Quelle surprise ! Cela faisait longtemps que l’on prêtait au chef de l’Etat burkinabè, Blaise Compaoré, l’intention de réviser la Constitution afin de supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Depuis plusieurs mois, de hauts responsables du parti majoritaire (73 députés), le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) appelaient à « revisiter » la Constitution pour supprimer cette limitation à deux quinquennats présidentiels.

Au pouvoir depuis 1987 après le coup d’Etat qui avait « rectifié » Thomas Sankara, « élu » pour la première fois en 1991, l’ex-capitaine de l’armée a été réélu pour un second septennat en 1998 puis un quinquennat en 2005.

Deux décennies pendant lesquelles il a joué au pompier pyromane en prenant sa part dans la déstabilisation de ses voisins, du Libéria à la Côte d’Ivoire. Réuni le 7 août à Ouagadougou, le congrès extraordinaire du CDP l’a investi candidat à l’élection du 21 novembre prochain tout en réclamant la révision de l’article 37 de la Constitution.

Pour appuyer sa demande de révision constitutionnelle, trois mois seulement avant le vote, le CDP souligne sans rire qu’« il revient au peuple souverain de renouveler ou non sa confiance à un candidat ».

C’est à peu près le même argument qu’avait utilisé le président nigérien, Mamadou Tdanja avant d’être chassé du pouvoir. La Constitution burkinabè peut être révisée par voie référendaire ou à la majorité absolue des députés. Avec une Assemblée nationale acquise, c’est une formalité pour Compaoré comme le sera « l’élection » du 21 novembre.

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