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Côte d’Ivoire : des privés français pour sécuriser les élections

Publié le 4 novembre 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

La sécurisation reste le point aveugle du processus électoral ivoirien.

Dans son dernier rapport [S/2010/537] sur le sujet, Ban Ki-moon se dit préoccupé par le faible déploiement des unités mixtes armées loyaliste-troupes rebelles censées assurer la sécurité du scrutin. A 48 heures du premier tour, environ 20% seulement des unités mixtes prévues étaient déployées.

Le Secrétaire général de l’ONU appelle à « mobiliser toutes les forces disponibles en Côte d’Ivoire pour assurer la sécurité des élections ». On suppose qu’il pense aux 9000 casques bleus, appuyés par les Français de Licorne.

Quant à Laurent Gbagbo, il a récemment fait appel à Frédéric Lafont, un ancien légionnaire français déjà bien implanté à Abidjan pour épauler le Cecos, l’unité d’élite formée de policiers et gendarmes. Risk et Vision, les sociétés de Lafont font partie des très nombreuses sociétés de sécurité privées d’Abidjan.

Selon Jeune Afrique (4 juin), ces sociétés compteraient 60 000 employés donc plus que la police et la gendarmerie réunies. Le commandant en second du Cecos déclarait avoir « régulièrement recours à leurs agents dans la planification des opérations de sécurité ». La Lettre du Continent (14 octobre) révèle que Risk a récemment signé un « contrat d’expertise et de renforcement des capacités opérationnelles » du Cecos.

Le même Frédéric Lafont avait racheté en 2008 la société de vente d’armes SAS Togo de Robert Montoya. Ce dernier apparaissait dans les rapports de l’ONU comme le principal fournisseur d’armes de l’État ivoirien.

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