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Rama Yade dans le zig et le zag

Publié le 4 novembre 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

On se rappelle l´indigence du discours de Dakar, prononcé par Sarkozy en 2007, d´autant plus manifeste que le président français avait prétendu prendre de la hauteur.

Sevant le tollé provoqué par cette somme de poncifs de la pensée néocoloniale, l’entourage présidentiel avait déplacé la polémique vers son auteur, le conseiller Henri Guaino, renvoyant ainsi Sarkozy au rôle du simple perroquet.

A l’époque, Rama Yade, son secrétaire d’Etat aux droits de l’homme déclarait avoir lu le script du discours sans avoir trouvé quoi que ce soit de choquant.

Invitée de l’émission « En sol Majeur » sur RFI, fin octobre 2010, Yade, interrogée sur le discours de Dakar a eu cet éclair de lucidité tardive : « Sarkozy n’est pas un Africain. Moi je pense que non seulement l’homme africain est entré dans l’histoire mais qu’il a même été le premier à y entrer. Parce que j’en connais la culture » Comme si le contenu de ce discours pouvait être excusé parce que Sarkozy n’est pas africain.

Faisons tout de même grâce à Rama Yade de prendre ses distances avec un discours, concentré de tous les préjugés produits depuis plus de deux siècles par les idéologues du « devoir de civilisation ». Une prise de distance aussitôt tempéré par le bruit médiatique de son « repentir » et surtout la proximité d’un remaniement ministériel.

Yade étant plus subitement plus prudente : « Mon propos était de dire qu’il y avait eu un malentendu, une mauvaise interprétation du discours de Dakar ». Avant de « clarifier » ses propos, la secrétaire d’Etat avait eu cette saillie : « Je suis pas son professeur. Qu’est-ce-que vous voulez que je fasse ? Que je saute sur la tribune et que je gifle le président ? »

Non, simplement lui offrir cet excellent ouvrage : « Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy » rédigé par vingt-cinq chercheurs et historiens sous la direction de Adame Ba Konaré.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 196 - novembre 2010. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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