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Sassou bat en retraite dans l’affaire du Beach

Publié le 3 décembre 2010 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Quelle surprise ! Le Congo Brazza vient de renoncer à la procédure qu’elle avait entamée en 2002 devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la France concernant les disparus du Beach de Brazzaville (près de 350 congolais, de retour d’exil, avaient eté enlevés par des éléments de la garde présidentielle et exécutés dans l’enceinte même du palais du président Sassou Nguesso).

On se rappelle que le Congo Brazza avait, le 9 décembre 2002, demandé à la CIJ de faire annuler une procédure judiciaire ouverte à Meaux, à la suite d’une plainte déposée par la FIDH et des rescapés du massacre du Beach.

La plainte, pour crimes contre l’humanité et tortures, mettait en cause notamment le président congolais Denis Sassou Nguesso, le ministre congolais de l’Intérieur Pierre Oba et Jean-François N’Dengue, en charge de la sécurité au Port fluvial du Beach de Brazzaville.

Le Congo Brazza estimait que la France, qui avançait le principe de compétence universelle, avait violé la règle selon laquelle un Etat membre de l’ONU ne peut exercer son pouvoir sur le territoire d’un autre Etat membre. En 2004, N’Dengue, en visite privée dans l’Hexagone était arrêté et placé en garde à vue à Paris à la demande du juge de Meaux, Jean Gervillié, qui instruisait l’affaire. Il avait été libéré dans la nuit sur intervention de Dominique de Villepin et exfiltré hors de France.

« On se dit que ça ne vaut plus la peine. L’affaire des disparus du Beach a l’autorité d’une affaire jugée », a expliqué Dinar Moubanga Moukonzi, directeur de cabinet au ministère congolais de la Justice et des Droits humains (AFP, 18 novembre). En 2005, quinze officiers supérieurs et cadres avaient, en effet, été acquittés à Brazzaville dans une parodie de procès.

En réalité, les autorités congolaises craignaient que la justice internationale identifie les responsables de la tuerie, d’où l’abandon opportun de la procédure devant la CIJ.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 197 - décembre 2010. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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