Sagem en Guinée

Publié le 11 juillet 2011 par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Depuis 2008 et l’accord signé à Copenhague à l’instigation du Pnud et de l’Union européenne (sans aucune représentation guinéenne), c’est la société française Sagem qui détenait le contrat de la mise à jour du fichier électoral guinéen.

Durant tout le processus électoral de 2010 et jusqu’à ces derniers jours, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne disposait pas des codes d’accès à ce fichier, propriété exclusive de Sagem. En somme une privatisation partielle de la souveraineté guinéenne par une entreprise privée aux capitaux étrangers ! Une « curiosité » source de suspicions quand on connaît l’interventionnisme des réseaux français pour s’assurer une influence politico- économique.

Pour l’élection législative de novembre prochain, les deux principaux partis d’opposition pouvaient prétendre à une probable victoire si le fichier électoral n’était pas remanié. En effet, les scores au premier tour de la présidentielle de Cellou Dallein Diallo (40%) et Sydia Touré (15%, 3e) ainsi que les déceptions des premiers mois de la présidence de Condé laissent largement présumer de leur victoire électorale. D’où la tentation pour Alpha Condé de reprendre intégralement le recensement électoral.

Toujours est-il que des membres de la CENI qui lui sont proches ont dénoncé la captation exclusive par Sagem des codes d’accès aux fichiers électoraux, au grand dam des proches de Cellou Dalein Diallo au sein de cette même commission. Condé a été entendu puisque la Sagem vient de remettre officiellement à la CENI, en présence d’un représentant du Pnud, les fameux codes d’accès.

Dans le même temps, les prérogatives de la CENI se sont réduites au profit du ministère de l’Administration, du Territoire et de la Décentralisation, dirigé par un proche de Condé. Ce qui fait hurler l’opposition.

Pendant ce temps, les délégations du Medef se succèdent tandis que le groupe Bolloré a évincé, dans des conditions plus que douteuses, son concurrent Getma, de la gestion du port de Conakry.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 204 - Juillet Août 2011. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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