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« Changement » : à gauche, on y croit encore !

Publié le 1er novembre 2012 (rédigé le 3 septembre 2012) par Thomas Noirot

Le jour même où les ministres Laurent Fabius et Pascal Canfin débutaient leur tournée françafricaine, le Parti socialiste se fendait d’un communiqué accusateur : « Françafrique » : à droite, on y croit encore ! ».

En cause, la participation de « deux anciens Premiers ministres des gouvernements de droite, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, (...) au lancement de l’édition francophone d’Afrique du magazine new-yorkais Forbes ». Or, cela se passait à Brazzaville, c’est-à-dire « dans un pays classé par l’ONG Transparency International à la 154e place mondiale », selon le PS qui « note combien leur visite est inopportune entre deux tours d’élections législatives, alors que le premier tour se caractérise par une participation très faible et des scores d’opposants importants étrangement bas  ».

Bravo ! Quel courage ! Il fallait que ça fût dit, en effet. Reste que le même communiqué du PS affirme sans rire que François Hollande « a engagé la France dans une nouvelle relation avec l’Afrique » : par exemple en recevant le Gabonais Ali Bongo, comme le 5 juillet, ou le Burkinabé Blaise Compaoré, comme cela se dessine pour septembre ? Chez ces deux dictateurs, les participations électorales et les scores d’opposants n’ont pourtant rien à envier à ceux du Congo Brazzaville... Ils doivent être plus fréquentables, n’étant « que » 100es ex æquo selon cet indice de perception de la corruption publié par Transparency International.

En revanche, la république dDémocratique du Congo (RDC), où François Hollande se rendra début octobre pour le sommet de la Francophonie, est classée 168e. Mais là, les ténors du PS nous expliquent qu’il est nécessaire de s’y rendre, pour y tenir un discours ferme sur les droits humains... comme avec Ali Bongo début juillet.

Mais en août, au Gabon, la répression s’est gravement intensifiée contre la société civile et les opposants : si l’on suit le raisonnement du PS, il va falloir réinviter Ali Bongo pour que les Droits humains progressent plus vite ?

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