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Ces officiers français qui pantouflent

Publié le 11 décembre 2012 (rédigé le 4 décembre 2012) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Créée en 1999, la société militaire privée EHC LLC est la seule société francophone, immatriculée aux Etats-Unis, dans l’état du Delaware, paradis fiscal bien connu.

EHC LLC a été fondée par d’anciens officiers de renseignements français. Bruno Trinquier, d’abord, « spécialiste » Afrique au ministère de la Défense dans les années 90 comme l’indique son CV.

Marc Garibaldi, ensuite. Une barbouze connue pour avoir pris la tête d’un commando de mercenaires d’extrême-droite chargé de renverser le président malgache, Marc Ravalomana. Garibaldi a aussi travaillé dans la sécurité des puits de pétrole dans le sud de l’Algérie. Il a également été enrôlé par l’entourage du président sénégalais Wade pour mater la rébellion en Casamance. En 1999, c’est encore lui qui commande l’opération officieuse Hadès au Congo-Brazzaville pour encadrer les soldats du général Sassou Nguesso et lui assurer le pouvoir au terme d’une guerre civile sanglante. Une mission figurant d’ailleurs sur la plaquette EHC LLC et présentée comme une « assistance militaire privée » de trente personnes pour la « formation et l’instruction de la Garde présidentielle ». Quelques mois plus tard, en Côte d’Ivoire, sous les ordres de Janou Lacaze, alias le « Sorcier Aztèque », ancien chef d’état- major, il appuyait le général Robert Gueï à la sécurité intérieure. Depuis 2011, Garibaldi dirige la société Lynx Investigation et Conseils.

En juin 2012, EHC LLC recrute le général de division en retraite Jean-Pierre Pérez, ancien conseiller militaire chargé de la garde du président centrafricain, François Bozizé, à Bangui de 2003 à 2006. Passé par les societés militaires privées, Secopex de Risk Group, cette dernière spécialisée dans l’assistance en milieu hostile, Pérez est chargé de positionner EHC ELL sur le marché africain.

Son premier client n’est autre que Bozizé, presque sans défense depuis le départ des soldats tchadiens assurant sa sécurité. Francis Fauchart, ancien commando de marine, est donc chargé de la formation des 150 hommes qui composeront la Garde présidentielle. Fauchon n’est pas un inconnu puisqu’il dirigeait la garde rapprochée d’Omar Bongo de 1998 à 2003 (Lettre du Continent no647).

Après la Centrafrique, Pérez lorgne sur le Mali et la formation de son armée. En témoignent les courriers adressés au président par intérim Dioncounda Traoré, ainsi qu’aux présidents Blaise Compaoré et Alassane Ouattara mais aussi au putschiste-pied-nickelé, le capitaine Sanogo. Une démarche surprenante alors que la France, l’Allemagne et l’Espagne prévoient l’envoi de plusieurs centaines d’instructeurs militaires dont la sécurité pourrait être assurée par... des societés militaires privées !

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