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rédigé le 26 mai 2019 (mis en ligne le 1er mars 2020) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

En Mauritanie, après avoir effectué les deux mandats permis par la Constitution, le général putschiste Abdel Aziz ne se repré­sentait pas à la tête de l’État. Mais son dau­phin, le général Mohamed Ould Ghazouani, s’est déclaré élu au premier tour de la prési­dentielle, le samedi 22 juin, avant même que la Commission électorale très très indépen­dante ne vienne confirmer sa « victoire » avec 52 % des voix. Malgré la coupure d’In­ternet et le déploiement de l’armée et des forces anti­-émeutes, des mouvements de colère ont éclaté dans les quartiers popu­laires, encouragés par les partis d’opposi­tion qui ont unanimement dénoncé un « hold-­up électoral  ». Tandis que les mili­tants de ces derniers étaient raflés et leurs locaux fermés les jours suivants, le ministre de l’Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah, a dénoncé « une main étrangère qui est der­rière ces événements » et un « plan de dé­stabilisation  » du pays, assurant avoir «  arrêté une centaine d’étrangers  » (AFP, 26/06). Une fois n’est pas coutume, saluons la clairvoyance et la fermeté de la diplomatie française qui, dans cette situation, a « félici­té » M. Ghazouani avec lequel elle s’est dite « prête à travailler étroitement » et a salué « le bon déroulement de l’élection prési­dentielle », intervenue « dans un climat pa­cifique ». (Point de presse du MAE, 25/06) Rappelons que la Mauritanie fait partie des partenaires privilégiés de la France pour sa « guerre contre le terrorisme » en Afrique, et qu’à ce titre, rien ne saurait lui être repro­ché...

#GénocideDesTutsis 30 ans déjà
Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 287 - juin 2019
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