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Michel Destot persiste et signe

Publié le 26 mai 2014 (rédigé le 28 avril 2014) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Maintes fois critiqué pour sa coopération décentralisée avec Ouagadougou, le socialiste Michel Destot, qui siège par ailleurs au côté de Noël Mamère au Conseil d’administration de l’AFD en tant que député nommé par le président de l’Assemblée nationale, n’a pas résisté aux charmes d’un dernier séjour dans la capitale burkinabè avec sa casquette de maire de Grenoble.

Venu « à la tête d’une importante délégation » selon le portail de la mairie de Ouaga, celui qui avait décidé de ne plus se présenter à sa propre succession, lors du scrutin municipal débutant moins de 3 semaines après, a ainsi signé le 5 mars une nouvelle convention triennale engageant sa commune pour la période 2014-2016, donc juste quelques jours avant de quitter le fauteuil de maire... que son opposition de gauche a ravi à son dauphin désigné.

Et alors que les critiques essuyées à ce sujet portaient le plus souvent sur la caution politique qu’il apportait à son homologue Simon Compaoré, cadre dirigeant du parti au pouvoir reçu en grande pompe par Grenoble puis s’affichant fièrement à ses côtés dans les médias burkinabè, le Grenoblois sortant n’a pas hésité à passer une nouvelle fois la brosse à reluire à l’ex-maire de Ouagadougou, qui avait raccroché son tablier un an plus tôt : « A l’occasion, Michel Destot a indiqué que l’ancien maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, a su s’inscrire dans cette logique pour l’amélioration des conditions de vie de ses administrés. Le maire de Grenoble a ainsi traduit sa reconnaissance à l’ancien édile pour sa grande contribution au développement de la capitale burkinabè » (www.mairieouaga. bf, 7/03).

Des «  relations amicales » saluées par le nouveau maire de Ouaga, Marin Casimir Ilboudo, qui connaît déjà bien les modalités de cette coopération, pour faire partie du conseil municipal depuis une quinzaine d’années.

Le député français, dont l’équipe municipale n’avait de cesse d’expliquer qu’il était impossible de mener une coopération décentralisée sans un affichage ostentatoire auprès de caciques du pouvoir, n’a donc pas hésité, lors de cet ultime séjour, à doubler une fois de plus l’engagement technique de la ville de Grenoble d’un soutien politique à l’une des pires crapules de la capitale ouagalaise.

Un soutien appréciable pour Simon Compaoré, qui tente avec d’autres, depuis quelques mois, de se démarquer d’un pouvoir chaque jour plus menacé par la pression de la rue burkinabè.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 235 - mai 2014. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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