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La France contre le respect des droits par les multinationales

Publié le 23 août 2014 (rédigé le 29 juin 2014) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le Conseil des Droits de l’Homme (CDH) des Nations Unies a adopté, jeudi 26 juin, une résolution prévoyant notamment la création d’un instrument international juridiquement contraignant sur les entreprises transnationales et les Droits Humains.

En effet, alors qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun dispositif international capable de sanctionner les violations perpétrées par les multinationales, ce texte prévoit la constitution d’un groupe de travail intergouvernemental pour définir la forme et la portée d’un tel instrument. Si ce texte est un pas dans la bonne direction, le chemin pour mettre fin à l’impunité des acteurs économiques reste encore long.

Détail curieux : bien qu’il ne s’agisse à ce stade que de la création d’un groupe de travail, la France a voté contre. De même que tous les pays européens membres du CDH, les États-Unis et le Japon. En revanche, l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Kenya, le Maroc, la Namibie et l’Afrique du Sud ont voté en faveur d’une juridiction contraignante pour les multinationales. C’est à se demander où profitent les activités des multinationales, et où elles posent problème…

La France, qui n’a de cesse par la voix de ses gouvernants de se proclamer la grande amie du continent africain, ne souhaiterait donc pas que les violations des Droits Humains commises par des multinationales soient sanctionnées ? Que les personnes victimes du travail forcé et infantile, d’éviction, de pollutions extensives, de bastonnades, et autres cadeaux dont certaines entreprises gratifient régulièrement les populations des régions où elles opèrent, puissent obtenir réparation ?

Qui sert le gouvernement français au juste ? Les peuples ? Areva, dont les activités d’extraction d’uranium au Niger génèrent des pollutions radioactives massives et des problèmes sociaux récurrents ? Amesys, qui fait l’objet d’une information judiciaire pour complicité de torture suite la vente de son système d’interception des télécommunications à la Libye de Khadafi, lequel a servi à traquer les opposants au régime ? Bolloré, régulièrement cité parmi les champions français de l’accaparement de terres ?

Quelques jours plus tôt, le représentant de la section française de l’ONG Human Rights Watch, faisait dans une tribune du Monde (23/06) le bilan de « la politique étrangère » de François Hollande au prisme des « droits de l’homme ». Il déplorait notamment un « dérapage progressif de la diplomatie française d’une posture de gêne à l’égard des régimes autoritaires reçus discrètement à l’Elysée à une attitude plus "décomplexée" de "business avant tout" au nom du "redressement économique" ».

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 237 - juillet août 2014. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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