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Mais que diable allaient-ils faire dans cet avion ?!

Publié le 15 décembre 2014 (rédigé le 30 novembre 2014) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Quel lien entretient la force française Sangaris déployée en Centrafrique avec les réseaux illégaux d’exportation de diamants ? C’est la question que l’on peut légitimement se poser à la lecture du dernier rapport du Comité d’experts de l’ONU chargé du suivi de l’embargo imposé à la Centrafrique.

Ce rapport s’intéresse, entre autre, aux activités diamantifères de la compagnie Badica. Selon les experts « les achats légaux et illégaux de Badica » dans les zones de Bria et Sam-Ouandja, « fournissaient une source de revenus durable à l’ex-Séléka, en violation du régime des sanctions imposé par l’Organisation des Nations Unies » (p. 35). Or, « Badica transporte ses diamants de Bria et de Sam-Ouandja sur des vols affrétés par Minair, une société soeur, et par la compagnie aérienne Laparra. Minair et Badica font partie du Groupe Abdoulkarim, dirigé par Abdoul-Karim Dan Azoumi. La compagnie Minair est aussi régulièrement utilisée par les forces françaises » (p. 34).

Cette opération avait été appelée « Sangaris », du nom d’un papillon éphémère, car elle devait durer de 4 à 6 mois. « Ça, c’est la théorie », commentait un officier avant même son déclenchement (Liberation.fr, 4/12/13). Un an plus tard, Sangaris est en effet toujours là, et les soldats français de cette opération qui devait avoir avant tout « une mission de police », utilisent tranquillement les services d’une entreprise violant le régime des sanctions des Nation Unies.

C’est sûr, avec l’armée française en Centrafrique, il y a d’un côté la théorie, et de l’autre la pratique.

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