Anniversaire

Publié le 25 février 2015 (rédigé le 1er février 2015) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le 18 janvier 1995, le gouvernement Balladur décidait d’entraver la circulation des personnes dans l’archipel des Comores en imposant un visa d’entrée à Mayotte aux habitant∙e∙s des trois autres îles comoriennes (Mohéli, Anjouan, Grande Comore). Ainsi se concrétisait l’isolement de l’île de Mayotte détachée vingt ans plus tôt de l’État indépendant de l’Union des Comores à la suite d’une décision unilatérale française contestée par les Nations unies. Depuis des siècles, des petites embarcations dénommées « kwassas » allaient d’une île à l’autre tissant ainsi entre leurs populations d’importants liens sociaux, familiaux et professionnels : aucune frontière ne peut effacer de tels liens. Or, avec le « visa Balladur » ces voisins comoriens sont devenus des « étrangers » potentiellement « clandestins » s’ils ou elles persistent à circuler dans leur archipel commun. Trente ans après, ce dispositif n’a pas stoppé les déplacements ou les retours vers Mayotte consécutifs à une expulsion. Mais il a eu pour conséquence directe la mort en mer de milliers de personnes.

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