TotaleMent opaque

Publié le 7 avril 2015 (rédigé le 3 avril 2015) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Pour faire bonne figure face aux pressions des ONG, Total vient d’annoncer la fermeture prochaine de 9 filiales domiciliées dans des paradis fiscaux. Sauf que « si l’on prend comme référence la liste des paradis fiscaux de l’organisation Tax Justice Network, Total comptabilise en réalité 178 filiales dans des territoires opaques, soit près de 20% de l’ensemble de ses filiales » rappellent les organisations membres de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires (dont Survie). « Plus que jamais, ce "coup de com" de Total démontre que la question n’est pas tant de "fermer des filiales dans des paradis fiscaux", dans la mesure où il n’y a pas de liste consensuelle, mais bien d’exiger que les entreprises expliquent ce qu’elles y font ». Cela passe par une obligation dite de « reporting » c’est­-à­-dire, comme pour les banques depuis l’année dernière, la publication d’informations sur le chiffre d’affaires et les bénéfices que les entreprises réalisent, le nombre de personnes qu’elles emploient et les impôts qu’elles payent dans chaque pays où elles sont implantées.

Exactement ce que la majorité socialiste a refusé d’imposer aux entreprises extractives et forestières à l’occasion de la transposition récente de deux Directives européennes (cf. Billets n°242, janvier 2015). C’est pourtant une étape indispensable pour faire évoluer le système de taxation des multinationales, plutôt que de miser sur la bonne volonté de leurs dirigeants.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 245 - avril 2015. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
S'abonner à la newsletter