Lutter au Sahara

Du colonialisme vers l’indépendance au Sahara Occidental

Publié le 8 juin 2015 (rédigé le 3 juin 2015) par Odile Tobner

Sous la direction de Denis Vericel et APSO. ISBN 978-2-9552413-0-1 ; 290 p. 15€.

Cet ouvrage qui réunit une quinzaine de contributions, de juristes, d’anthropologues, de journalistes, de professeurs, d’anciens représentants et fonctionnaires de l’ONU, fait le tour de la question du Sahara Occidental sous ses divers aspects, historique, géographique, ethnique, démographique, culturel et politique. Il vient combler un vide singulier. Le Sahara Occidental est en effet un trou noir de l’information. Son drame se déroule dans le silence le plus total.

Ancienne colonie espagnole ce territoire grand comme la moitié de la France, désertique et très peu peuplé est la dernière colonie en Afrique depuis que l’Espagne a cédé la place au Maroc en 1975, avec pour mission d’organiser l’autodétermination du territoire. Quarante annnées après ce n’est toujours pas fait. Quarante ans de lutte inlassable du Front Polisario pour l’existence d’un État, la RASD (République arabe sahraouie démocratique) et d’un peuple, les Sahraouis, qui défendent leur terre, leur langue, leur culture et leur droit à l’indépendance. La brutale occupation par le Maroc a chassé une partie de la population qui vit depuis des décennies dans des camps de réfugiés en territoire algérien. Le Maroc a érigé un mur de sable, renforcé de champs de mines, long de près de 3000 km pour isoler les zones contrôlées par le Polisario du reste du territoire.

Toutes les résolutions de l’ONU et les décisions de la cour de justice internationale, tous les accords négociés pour mettre fin à ce conflit, sont restés lettre morte. Le Maroc n’en tient aucun compte et compte sur la force pour venir à bout de la résistance sarahouie. La situation est analogue à celle de la Palestine occupée, sauf que le sort de la population du Sahara Occidental n’intéresse pas grand monde. le Maroc peut donc continuer à s’approprier les ressources du territoire : phosphates, pêche et à établir des colons pour marginaliser la population autochtone.

La défaillance des Nations dites Unies à faire respecter le droit, sa démission devant le cynisme de la force se trouvent illustrées dans l’oppression subie par les Sahraouis depuis des décennies. Pour mesurer l’ampleur de cette défaite ce dossier est terriblement instructif. Il faut en prendre connaissance.

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 247 - juin 2015. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
S'abonner à la newsletter