La DGSE à nu

Publié le 27 novembre 2016 (rédigé le 1er novembre 2016) par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Après les rapports élaborés par Human Right Watch à l’occasion du procès d’Hissène Habré, Claude Silberzahn, ancien pa­tron de la Direction générale des services extérieurs français, confirme leur contenu et se livre sur RFI : quand les services fran­çais découvrent que les Américains en­traînent les troupes du (pas encore) général Haftar sur le sol tchadien avec la complicité d’Habré, pour attaquer la Libye, il se rend au Tchad : « La France, à ce mo­ment-­là, est plutôt sur une ligne de récon­ciliation avec Kadhafi. Nous ne sommes pas du tout d’accord pour redéstabiliser le Tchad en faisant partir, depuis le Tchad, une "armée" destinée à renverser mon­sieur Kadhafi ». Mais « dans ce long entre­tien que j’ai eu avec lui (...) Hissène Habré ne m’en a absolument pas parlé. (...) Hissène Habré a joué, dans notre dos, avec les Américains et c’est en sortant que j’ai décidé de l’éliminer. ». La vie est parfois si simple ! « D’éliminer Hissène Habré ? », s’inquiète le journaliste. « De l’éliminer du pouvoir », se reprend Silberzahn. » Et c’est ainsi que Déby est arrivé au pouvoir. Ce dernier n’était par ailleurs pas un inconnu des services, et Silberzahn confirme un autre aspect des mœurs françafricaines : « Le travail de la DGSE est fondamentale­ment de savoir qui est dans l’opposition, qui aura le pouvoir peut­-être demain, et les oppositions auxquelles les pouvoirs ac­tuels sont confrontés. Nous avons eu donc des contacts permanents avec Idriss Déby, depuis qu’il a pris le maquis ». A garder en mémoire lorsque la France a prétendu ou prétendra ne pas connaître une rébellion, à commencer par la Côte d’Ivoire en 2002...

Vous venez de lire un article du mensuel Billets d'Afrique 262 - novembre 2016. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez vous:
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