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La lettre de Gabriel Cohn Bendit pour demander la nationalité burkinabé

6 février 2012 par Odile Tobner

La trouvaille du jour sur le net : la lettre de Gabriel Cohn Bendit, frère de l’autre, à Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, pour demander la nationalité burkinabé.

Où l’on apprend que Gaby en 1987 « est tombé amoureux » du Burkina Faso. Diable, à quels charmes a-t-il bien pu succomber ? Cette année 1987-1988 fut pourtant « si dramatique » : deux petits mots pour faire une allusion pudique à l’assassinat de Thomas Sankara. Il ne faut pas froisser Compaoré. D’ailleurs Gaby se flatte ensuite : « je dois être une des rares personnes à pouvoir s’honorer d’avoir des amis très proches dans toutes les formations qui ont présenté un candidat aux dernières élections présidentielles ». Entre les Noirs comment faire des distinctions ? On aime tout le monde.

Et, comme de juste, on aide j« j’ai créé une ONG le « Groupement des Retraités Educateurs sans Frontière » (GREF), qui depuis plus de 15 ans vient bénévolement en Afrique et tout particulièrement au Burkina, participer à des projets éducatifs. » Et encore de l’aide : « Si je fais cette requête sur le papier à entête du « Réseau Education Pour Tous en Afrique » (REPTA) c’est que cette association est mon dernier « enfant », elle vise à mobiliser en France des ONG, des collectivités territoriales et des Entreprises en faveur des exclus de l’école en Afrique. Notre premier projet a été la création d’un centre d’alphabétisation des enfants vivant dans la rue à Bobo. Cela a été possible grâce à un partenariat entre le GREF, la Région Rhône Alpes, les groupes industriels CFAO et Bolloré ». Quoi de plus attendrissant que cet assemblage ? Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

« Alors pour tout cela je ne demande pas de médaille, le plus beau cadeau que vous puissiez m’offrir pour les 75 ans que j’aurai en avril 2011 c’est de faire de moi un citoyen burkinabé.

Monsieur le Président, veuillez recevoir l’expression sincère de toute ma passion pour le Burkina et l’Afrique. Gabriel Cohn Bendit » À vous tirer des larmes.

Mais n’oublions pas le sel courtisan : « P.S Voilà la lettre que j’étais en train de réécrire au moment ou mon ami Fodey m’a téléphoné pour me faire part de l’entretien qu’il venait d’avoir avec vous à ce sujet. »

Après cela, tirons l’échelle.

Ou plutôt allons sur l’autre trouvaille du jour : la pétition que lance la courageuse association RESF (Réseau éducation sans frontière), en France, pour Dorine.

Dorine K., 19 ans, est arrivée de Côte d’Ivoire en France en 2007 où elle vit avec sa mère, sa soeur de 14 ans et son frère de 12 ans. Ils habitent tous à Bois d’Arcy (78390) où la maman travaille et les enfants sont scolarisés. Actuellement en Terminale au Lycée Professionnel Jacques Prévert de Versailles (78000), Dorine se prépare pour passer son BAC professionnel en comptabilité au mois de juin.

Malheureusement, le 12 décembre 2011, en allant faire renouveler son récépissé à la préfecture, elle se fait confisquer son passeport et reçoit un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Ou encore lisons cette autre lettre, adressée elle à Claude Guéant.

« Monsieur le ministre,

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. B, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. « Vous ne répondez pas aux critères », est-il écrit. Ma mère est arrivée en France en 1984. Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français. Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! »

Voilà qui remet à leur place dérisoire les pitoyables et vaniteuses pitreries de Gaby au Burkina Faso.

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