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République centrafricaine

L’échec de la Centrafrique, « c’est aussi l’échec de la France », comme l’a si bien dit l’ex-dictateur A.-F. Patassé. La situation géographique du pays et ses ressources potentielles (diamants, uranium, bois, ivoire) en ont fait un objet de convoitise que la Françafrique s’est toujours efforcée de garder en son giron. En 1965, De Gaulle et son fidèle Foccart installent un officier français, Bokassa, qui confondra son patrimoine et celui du pays. La France lui fabrique une police politique pour assurer la prédation et mettre au pas les récalcitrants. Cette dictature trop peu contrôlable finira par lasser Giscard, lui-même très impliqué dans l’économie parallèle de ce pays (diamants, etc.). Après avoir remplacé Bokassa par David Dacko, il favorisera la dictature du général Kolingba, gérée en sous-main par le « conseiller du Président », le colonel Jean-Claude Mantion, de la DGSE. La Centrafrique est un point de transit pour toutes sortes de criminels économiques et de mercenaires. Elle permet au gouvernement de Khartoum d’y faire passer ses soldats pour prendre à revers la rébellion sud-soudanaise, et arme l’atroce rébellion ougandaise LRA… La gestion caricaturale de ce « centre à fric » par la France le conduira à l’implosion en 1996. Patassé est alors au pouvoir, mais l’armée est restée plutôt fidèle à Kolingba. La manipulation de l’ethnisme et la répression brutale par les parachutistes français, envoyés par Chirac sur les conseils avisés de Bongo, provoquent un déchaînement de violences antifrançaises. Les Français sont rapatriés et les bases militaires finalement fermées, après que la France eut tenté de ramener l’« ordre » sous mandat onusien.

Patassé, conseillé par Paul Barril, sera chassé du pouvoir en mars 2003 par un officier françafricain, le général Bozizé, parrainé par ses frères en dictature et en GLNF Idriss Déby et Denis Sassou Nguesso. Ce putschiste n’arrivera toutefois pas à restaurer la stabilité du pays. Au contraire, la Centrafrique s’enfonce dans la guerre civile. Bozizé, soutenu par l’armée française, fait face à plusieurs rébellions armées. En 2006 puis à nouveau en 2007, les soldats français de l’opération Boali et les Mirages F1 prennent part aux combats aux côtés des Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui pourtant commettent sous leurs yeux de graves exactions contre les populations civiles.

Des tortionnaires français au banc des accusés

Alors que l’opération militaire française Sangaris, une intervention extérieure déclenchée début décembre 2013 en République centrafricaine, est en pleine mutation, une procédure disciplinaire au sein de l’armée vient éclairer les agissements de certains de ses membres. La nouvelle avait provoqué quelques remous avant l’été : le quotidien Ouest­-France (...)

Sangaris est mort, vive Sangaris !

Ce n’est pas tout de déclarer des guerres, encore faut-­il réussir à les finir. François Hollande a trouvé une technique infaillible : annoncer la fin des opérations, alors même qu’il n’en est rien. C’est le cas en Centrafrique, où ce double discours est particulièrement criant. Bangui, c’est fini ! Le 13 mai 2016, le président français, François Hollande, (...)

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