TCHAD. Un cinquième journaliste tchadien emprisonné. Silence radio de la France et de l’UE.
Un cinquième journaliste tchadien emprisonné. Silence radio de la France et de l’UE.
Communiqué de Survie, le 5 septembre 2005
Le 2 septembre 2005 un cinquième journaliste a été arrêté au Tchad. Il s’agit de Laissou Bagamla, du journal L’observateur. Arrestations et condamnations pour délit d’opinion se succèdent.
Rappelons que, dans son allocution du 14 juillet, l’ambassadeur de France Jean-Pierre Berçot s’en était pris directement à la presse tchadienne indépendante, l’appelant notamment à ne pas "salir l’image du Tchad à l’extérieur". Le régime honni de Déby a saisi ce feu vert de la France pour museler la presse durablement : Sy Koumbo Singa Gali et Samory Ngaradoumbé, respectivement directrice de publication et coordonnateur de l’hebdomadaire L’Observateur ont été condamnés à des peines de prison ferme, ainsi que Garondé Djarma, journaliste indépendant et Michaël Didama, directeur de publication du journal Le Temps*.
Une lettre ouverte adressée le 28 juillet dernier par Survie et quarante associations de la société civile africaine, américaine et européenne, au Ministre français des Affaires étrangères, au président de la Banque Mondiale et au Commissaire européen au développement, demandant à ces derniers d’intervenir, n’a à ce jour reçu aucune réponse de la part de la France ni de la Commission européenne. A fortiori aucune intervention publique des autorités françaises pour la libération des journalistes arrêtés et emprisonnés n’a été entreprise. Ce silence et cette abstention constituent une approbation des atteintes graves à la liberté d’expression. Cette répression intervient après un référendum constitutionnel, dont les résultats sont plus que contestables, qui permet au président tchadien de briguer un troisième mandat.
Une politique de soutien implicite à un régime qui viole les Droits élémentaires des citoyens est d’autant plus injustifiable qu’elle constitue une menace pour la paix civile et une incitation à la violence. Nous appelons les défenseurs des libertés à protester contre la persécution que subissent les journalistes au Tchad.
* Les peines sont les suivantes : 1 an de prison ferme pour Mme Sy Koumbo Singa Gali, 3 mois de prison ferme et 100.000 FCFA d’amende pour M. Samory Ngaramdoumbe, 3 ans de prison ferme et 1.000.000 FCFA d’amende pour M. Garonde Djarma et 18 mois de prison ferme pour M. Michael Didama.
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