2O ans d'impunité - La France complice du génocide des Tutsi au Rwanda

En soutenant les auteurs du génocide, les autorités politiques et militaires françaises se sont rendues complices de ce crime. Cette complicité est attestée par de nombreux documents et témoignages, pourtant aucun responsable français n’a été jugé.
En 2014, 20 ans après, exigeons la vérité et la justice.


< 20 documents pour comprendre le rôle de l’Etat français

Document 16 : Alain Juppé évoque le génocide à l’Assemblée nationale, compte-rendu de la séance du mercredi 18 mai 1994

18 mai 2014

Le 18 mai 1994, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, tient des propos très clairs devant l’Assemblée nationale, parlant de « génocide », et déclarant que «  les troupes gouvernementales rwandaises se sont livrées à l’élimination systématique de la population tutsie  ».

Le génocide est reconnu, ses victimes comme ses auteurs identifiés. C’est la seule fois qu’un membre du gouvernement français s’exprime aussi nettement, qui plus est devant les députés, pendant les trois mois que dure le génocide des Tutsi.

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Alain Juppé évoque le génocide à l’Assemblée nationale, compte-rendu de la séance du mercredi 18 mai 1994

Notons toutefois qu’Alain Juppé suggère que le génocide des Tutsi est causé par l’offensive du FPR, gommant ainsi sa planification minutieuse. On peut aussi se demander ce qu’il entend par : « ce qui a entraîné la généralisation des massacres ». Faut-il y voir les prémisses de la thèse du « double génocide » qu’il évoque un mois plus tard au moyen d’un pluriel étonnant (« ces génocides ») dans une tribune de Libération (Alain Juppé, « Intervenir au Rwanda », Libération, 16 juin 1994) ? Plus grave : dans cette même tribune, le ministre des Affaires étrangères semble reprendre ses propres mots quand il incrimine les « milices », et non plus les « troupes gouvernementales », dans l’extermination des Tutsi.

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