2O ans d'impunité - La France complice du génocide des Tutsi au Rwanda

En soutenant les auteurs du génocide, les autorités politiques et militaires françaises se sont rendues complices de ce crime. Cette complicité est attestée par de nombreux documents et témoignages, pourtant aucun responsable français n’a été jugé.
En 2014, 20 ans après, exigeons la vérité et la justice.


< 20 documents pour comprendre le rôle de l’Etat français

Document 19 : Note du Ministère des Affaires étrangères sur les « autorités de Gisenyi », 15 juillet 1994

23 juillet 2014

Mais l’intervention française vient trop tard et ne permet pas d’éviter l’effondrement des FAR. Le 4 juillet 1994, Kigali tombe aux mains du FPR. Le gouvernement intérimaire rwandais n’est plus, aux yeux de la France, que « les autorités de Gisenyi ». Le 11 juillet, le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de la force Turquoise, leur fait savoir qu’en cas d’offensive sur Gisenyi, elles seront autorisées à entrer dans la zone humanitaire sûre « en simples réfugiés ». Le 13 juillet, Lafourcade retransmet à ses commandants de groupements les instructions qu’il a demandées à Paris concernant les membres du gouvernement intérimaire qui viendraient se réfugier dans la zone Turquoise : « nous n’avons pas à arrêter ni à séquestrer personne » [1].

Pourtant, le 15 juillet, une note du Quai d’Orsay indique que les « personnalités politiques de Gisenyi » ont été averties que « leur présence dans la zone n’était pas souhaitée » et amènerait les Français « à les mettre en résidence surveillée jusqu’à remise aux Nations Unies ». Si cette note juge la quasi-totalité des ministres du GIR « responsable des massacres », l’ambassadeur Yannick Gérard, présent sur place, ne se paie pas de mots et affirme pour sa part, dans un télégramme diplomatique du 15 juillet, que « les autorités portent une lourde responsabilité dans le génocide » [2]

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Note du Ministère des Affaires étrangères sur les « autorités de Gisenyi », 15 juillet 1994

[1] « Confidentiel Défense. Modalités dʼexécution dans la ZHS, 13 juillet 1994 no 764/PCIAT/CEM. » Cf. Jacques Morel, op. cit., §29.2

[2] Mission d’Information Parlementaire, annexe 9.D.10. Nous soulignons.

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