2O ans d'impunité - La France complice du génocide des Tutsi au Rwanda

En soutenant les auteurs du génocide, les autorités politiques et militaires françaises se sont rendues complices de ce crime. Cette complicité est attestée par de nombreux documents et témoignages, pourtant aucun responsable français n’a été jugé.
En 2014, 20 ans après, exigeons la vérité et la justice.


< 20 documents pour comprendre le rôle de l’Etat français

Document 8 : Note de Dominique Pin à François Mitterrand du 2 mars 1993, sur la visite du ministre de la Coopération, Marcel Debarge, au Rwanda

5 avril 2014

Le 28 février 1993, le ministre de la Coopération, Marcel Debarge, en visite à Kigali, lance un appel à un front commun contre le FPR, déclaration que l’historien Gérard Prunier qualifie de « presque un appel à la guerre raciale » dans le contexte de l’époque, marqué par des massacres de Tutsi organisés ou couverts par le pouvoir rwandais. Qualifiée de « troisième force », l’opposition hutu à Habyarimana, dont fait alors partie le Premier ministre rwandais, n’est pas soutenue par les autorités françaises, qui ne jurent que par le « front uni [sous-entendu : « des Hutu »] face au FPR [sous-entendu : « tutsi »] ». Les propos de Debarge encouragent la scission des partis politiques en deux courants : un courant favorable à la participation du FPR aux nouvelles institutions en cours de négociations, et un courant suprématiste hutu qui se donne le nom de Hutu Power, après l’assassinat du président burundais Ndadaye, un Hutu, en octobre 1993.

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Note de Dominique Pin à François Mitterrand du 2 mars 1993, sur la visite du ministre de la Coopération, Marcel Debarge, au Rwanda
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