Survie

"Sassou s’est sauvé ; Guelleh entre à l’Elysée"

Publié le 1er octobre 2002

Décidément, rien ne nous sera épargné en cette saison par un Jacques Chirac apparemment soucieux de nous faire honte.

A peine avalée sa visite à N’Djaména [qu’avait-il à dire à la calamité tchadienne ?], il a fallu ingurgiter les honneurs rendus au bourreau de Brazzaville. Avec tant sur l’estomac, on a du mal à absorber l’arrivée du policier de Djibouti : Ismaël Omar Guelleh. Nos amis africains - les victimes de ces copinages en particulier - en ont une indigestion. Et nous donc !

Le tyran djiboutien partage avec les autres sus mentionnés une propension au détournement des fonds publics, aux arrestations illégales, tortures, emprisonnements sans jugement, viols, exécutions sommaires … Le respect des droits humains ne fait pas partie de la panoplie de Guelleh. Ce n’est certainement pas en le recevant officiellement que notre pays le rappellera à de meilleurs pratiques. Ce sera, au contraire, le conforter dans son sentiment que l’impunité lui sera reconnue quoi qu’il fasse. Reconnue par la France, en tête, par les américains juste derrière, sans doute, puisque ces derniers s’intéressent à Djibouti, au port de Djibouti pour être précis, en raison de sa situation géographique. Et les Djiboutiens dans tous ces jeux cyniques ? Quantité négligeable semble-t-il.

Une organisation djiboutienne, l’Association pour la Démocratie et le développement, appelle à un rassemblement demain, mercredi 2 octobre de 16 h 30 à 20 h Place de la Madeleine * "pour protester contre la présence sur le territoire français du dictateur djiboutien Ismaël Omar Guelleh". Cette association rappelle la responsabilité de ce dernier dans de nombreux crimes de 1977 à 1999, alors qu’il exerçait la fonction de chef de la sécurité. "Son accession à la présidence de la République en 1999 n’a pas atténué ses ardeurs répressives", poursuit l’organisation, qui ajoute : "La France a une responsabilité particulière dans la genèse et la pérennité de ce régime clanique, prédateur et mafieux en le soutenant économiquement et militairement sans interruption." Elle affirme que Guelleh "doit répondre de tous ces crimes devant la justice".

Nous ne pouvons que lui donner raison. Nous ne pouvons que rappeler les autorités françaises, le Président Chirac en tête, à un peu de décence. La France pourrait utiliser ses atouts à des fins moins désespérantes pour des millions d’êtres humains que les enfermer dans les rets de petits voyous et/ou dans de grands calculs irresponsables.

Survie rejoindra les Djiboutiens qui se rassemblent demain pour exprimer, avec eux, son indignation, son inquiétude, et son dégoût.

* Pour tout contact avec cette Association : 06 78 30 33 52

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