Survie

A fleur de presse

À FLEUR DE PRESSE - Procès Elf

(mis en ligne le 1er avril 2003)

Le Figaro, Pourquoi les politiques seront absents du banc des prévenus, 17/03/2003 (Éric DECOUTY) :

« L’affaire Elf sera jugée sans un homme politique. […] Si personne ne conteste […] qu’Elf fut la caisse noire d’hommes ou de partis de tout bord, aucun n’en répondra devant la justice. […] Le juge Van Ruymbeke reconnaît cet échec, mais fournit surtout les trois principales raisons. “Le ministre de l’Économie – qui exerçait sa tutelle – a opposé le secret défense, écrit-il. La société Elf, soucieuse de ses intérêts, a refusé de coopérer dans ce domaine et les trois principaux dirigeants concernés , MM. Le Floch-Prigent, Tarallo et Sirven, ont, à des degrés divers, éludé ces questions.” Le magistrat aurait pu ajouter, à ce triple constat, l’impossibilité pour la justice de remonter des flux financiers d’une extrême sophistication, passant par une kyrielle de paradis fiscaux, faute de moyens réellement adaptés. […] Les secrets d’État sont encore bien gardés. »

RFI, Le procès d’une affaire d’État, 17/03/2003 (David SERVENAY) :

« L’intérêt documentaire de ce procès hors normes réside dans les nombreux nœuds franco-africains qu’Elf sut tisser. […] Tous les détails accumulés par les juges en huit ans d’instruction vont permettre de caractériser la nature de ces régimes – africains et français – et le lien de subordination entretenu par la France depuis la période des indépendances. […] Prenez un Daniel Leandri, ex-brigadier de police reconverti en garde du corps et missi dominici de Charles Pasqua en Afrique. Pourquoi Elf éprouvait-elle le besoin de salarier cet homme, à 83 000 francs par mois ? […] Il gérait aussi quelques dizaines de millions de francs déposés au Liban […]. Prenez un Pierre Lethier, ex-directeur de cabinet de patrons de la DGSE, […] reconverti en Suisse comme consultant de luxe et récipiendaire de 96 millions de francs de commissions sur le dossier de la raffinerie est-allemande Leuna. Pourquoi l’espion a-t-il pris soin de ne pas toucher au capital de cette commission, se contentant de vivre des copieux intérêts ? […] Les juges français pourront s’interroger sur l’attitude des autorités britanniques ou américaines, refusant d’exécuter le mandat d’arrêt international qui vise le milliardaire britannique d’origine irakienne, Nadhmi Auchi […]. Idem pour son bras droit, Nasir Abid, résident luxembourgeois. […] L’affaire Elf [paraît] une nouvelle occasion de mesurer la force et la place occupée aujourd’hui par l’économie criminelle, si difficile à distinguer de sa petite sœur vertueuse. »

Le Figaro, Le procès de l’affaire Elf s’ouvre enfin, 17/03/2003 (Stéphane DURAND-SOUFFLAND) :

« Même le divorce du PDG ne se règle pas comme celui de tout un chacun : il aurait coûté 34 millions de francs à Elf. Un divorce par commissions mutuelles, en quelque sorte… Cette accumulation de mouvements occultes finit par donner le vertige et, in fine, la nausée. […] À croire que la firme pompait du pétrole mais produisait du numéraire. […] Les sommes défient l’entendement – l’unité de base est de l’ordre du million de dollars –, au point que le soupçon de financement politique se fait naturellement jour. […] Mais […] le nuage de la corruption, comme jadis celui de Tchernobyl, s’est, judiciairement parlant, arrêté aux frontières de l’Hexagone. »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 113 - Avril 2003
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