Survie

Algérie : Confettis et poudre aux yeux

(mis en ligne le 1er avril 2003)

En visite à Alger début mars, Jacques Chirac a surfé sur sa popularité d’opposant à la “croisade” bushienne. Mais il a soigneusement esquivé tous les problèmes.

La rue réclame des visas ? Le jour même, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy fournit une réponse symbolique, à la Pasqua, en affrétant un charter de sans-papiers vers la Côte d’Ivoire (!) et le Sénégal. Parler vrai sur la question des migrations supposerait de traiter au fond la question Nord-Sud et les séquelles de la colonisation.

Le pouvoir des généraux algériens est sérieusement mis en cause pour des attentats et assassinats commis contre des Français ? La “vérité” est du côté des généraux : dans le cas du massacre des 7 moines de Tibehirine, les témoignages de religieux et de militaires n’ont, selon Chirac, « aucune valeur juridique ». L’État de droit n’est pas pour demain en Françalgérie.

Carburant de la dictature, la rente pétrolière et gazière continue d’être scandaleusement détournée ? Le sujet est tabou, puisque Total et Gaz de France sont complices. La misère des services publics peut continuer de désespérer les Algériens.

De l’argent d’origine inconnue est recyclé par le groupe Khalifa (désormais sur la sellette par suite de querelles internes au régime) ? Surtout pas un mot : l’état-major du groupe compte deux frères du président Bouteflika. (Libération des 03, 05 et 20/03/2003). Gageons que l’Assemblée nationale à majorité chiraquienne ne donnera pas suite à la demande de commission d’enquête parlementaire, présentée par le député vert Noël Mamère, sur « l’origine des investissements » qui ont permis la création en France de Khalifa TV, et sur les raisons de son agrément par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 113 - Avril 2003
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