Survie

ILS ONT DIT - Mondialisation - Conseil mondial de l’eau

(mis en ligne le 1er avril 2003)

« Lors d’une conférence de presse récente, nous avons interpellé le gouverneur du Conseil mondial de l’eau [l’un des principaux organisateurs du Forum mondial de l’eau de Kyoto, mi-mars], Loïc Fauchon, qui n’est autre que le président de la Société des eaux de Marseille, propriété de Suez et de Vivendi, sur l’indépendance de ce conseil par rapport aux grands groupes. La réponse a été particulièrement agressive. De fait, les liens de ce type d’institution avec les multinationales sont encore très prégnants. C’est l’école de l’eau à la française. Une école qui défend l’idée, que nous combattons, que seuls les partenariats public-privé peuvent faire avancer la cause de l’eau. Pour les organisateurs de ce forum, le problème de l’eau se résume à un problème de financement, et donc d’argent. Nous disons au contraire que certains principes doivent être posés : l’eau, bien commun de l’humanité, ne doit pas être soumise aux seules lois du marché. [...]
Nous [... proposons entre autres] une taxation des eaux minérales, qui coûtent entre 100 et 300 fois plus cher que l’eau du robinet et profitent à des multinationales de type Danone et Nestlé. [...]À Kyoto, les experts évaluent les besoins à 100 milliards de dollars par an. Nous avançons plutôt le chiffre de 10 à 20 milliards de dollars supplémentaires chaque année. Car nous privilégions des procédés techniques moins coûteux qui, évidemment, rapportent moins aux entreprises qui les commercialiseraient. Il faut de l’argent, certes. Mais pas autant qu’on veut bien le dire. [...]
Nous proposons [... aussi] l’octroi d’un minimum vital gratuit de 40 litres d’eau par jour et par habitant, ce qui correspond au minimum vital moyen selon l’OMS. Nous avons étudié, en partenariat avec les élus, la faisabilité de cette mesure, dans une commune française d’environ 30 000 habitants. [...] Je peux vous dire [...] que cette mesure est réaliste, notamment en mettant en place une tarification progressive, après les 40 premiers litres. [...] On ne peut pas attendre. [...] En 2020, nous serons à peu près 8 milliards sur la planète, dont 3 milliards sans eau potable et 5 milliards sans assainissement. »
(Jean-Luc TOULY, directeur de l’Association pour un Contrat mondial de l’eau (ACME). Interview à L’Humanité du 17/03/2003).

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 113 - Avril 2003
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