Survie

Congo-Kinshasa : Transition sanglante au Congo-K

(mis en ligne le 1er mai 2003)

Là encore, les pressions internationales en faveur d’un gouvernement de réunification ont officiellement abouti, tandis que les incendiaires redoublaient d’ardeur. Le 1er avril, les 362 délégués du Dialogue intercongolais ont adopté à Sun City (Afrique du Sud) la Constitution de Transition, promulguée solennellement le 3 avril. Pour Moustapha Niasse, l’inlassable médiateur sénégalais (aidé par une forte équipe de diplomates sud-africains), « il ne doit plus y avoir, dans ce pays, de rebelles ni de belligérants ». Le 7 avril, le président de la Transition, Joseph Kabila, prêtait serment.

Entre-temps, au moins trois cents personnes étaient massacrées le 3 avril en Ituri, dont beaucoup à la machette, dans une zone où opère l’armée ougandaise. Dix jours plus tard, un carnage était commis à Burhale, au Sud-Kivu, avec la complicité probable de l’armée rwandaise : hommes et garçons brûlés dans des cases en planches, femmes systématiquement violées.

Se confirmait ainsi la conclusion d’un article d’Adrien de Mun dans La Croix (08/04) : « Ces armées manipulent les groupes ethniques locaux et les conduisent délibérément à commettre des crimes contre l’humanité. [...] L’objectif est double : inspirer la terreur et faire croire que les Congolais se combattent entre eux afin de dissimuler et de perpétuer l’occupation » - motivée notamment par l’accès aux richesses du sous-sol (cf. À fleur de presse, Odeurs de pétrole).

Nuançons un peu : les manipulations sont assez nombreuses et sophistiquées pour que les Congolais se combattent réellement entre eux.

Comment stopper cette escalade dans l’horreur ? Dans un communiqué publié le 17 avril, Survie a demandé à l’ONU de « rassembler d’urgence tous les moyens nécessaires pour mener, partout où des massacres sont signalés, des commissions d’enquête approfondies. La Cour pénale internationale a été instituée pour juger les crimes contre l’humanité. Et si la menace de ses sanctions “aidait” les acteurs du conflit à trouver des solutions politiques à leurs différends ? »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 114 - Mai 2003
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